Dans les forêts de Sibérie (critique littéraire)

Guillaume Collet, le 24/03/12

ça sent le sapin…


Dans les forêts de Sibérie

De Sylvain Tesson

aux Editions Gallimard.

Après avoir fait de l’impératif besoin de mouvement le sujet de ses précédents livres, Sylvain Tesson s’essaye à l’immobilisme. Sédentaire, cette fois, six mois durant dans une petite cabane aux bords du lac Baïkal, l’auteur n’en reste pas moins voyageur. En évitant le tic de l’ermite prophète Sylvain Tesson met une littérature agréable au service de son expérience.

La folie des grands espaces. Tout en restant humble, ce qui le crédibilise, l’auteur raconte sous forme de journal tenu au jour le jour son expérience. Il sait, et le répète souvent, il n’est pas le premier à courtiser une mystique de la solitude… mais malgré  ses nombreuses précautions, le lecteur sentira poindre entre les lignes l’exaltation des grands espaces. On retrouve dans ce discours l’opposition classique entre la ville et l’extrême campagne qu’incarne la Russie aux abords du  Lac Baïkal, la glorification du calme par rapport au bruit, l’extase de la solitude plus que la passion des mondanités. Honnête, on sent chez l’auteur un véritablement enthousiasme pour son projet. Plus que de le communiquer Tesson figure bien cet amour de la nature qu’il vient habiter, des hommes qui la fréquentent.

L’arbre qui cache la forêt. Néanmoins certains peuvent rester de glace devant cette poésie poussive qui n’a que pour elle sa simplicité. L’ébahissement un peu forcé de l’auteur de la première à la dernière page donne au texte une allure de manifeste intolérant pour toute personne peu sensible aux paysages forestiers. Plus que de nous rapprocher de l’expérience de l’auteur ces abusives tentatives d’extases qui se veulent poétiques installent un inconfort sentiment de répétition. On ne compte plus le nombre de lignes décrivant l’homme regardant la neige, le vent, le lac. Les glorifications du silence et du temps qui passe sont aussi fréquentes que les verres de Vodka quotidiens.

Sans réelle surprise pour qui l’a lu et voyagé un peu, Dans la forêt de Sibérie est un vibrant hommage à la solitude.

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