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Je fais le mort.

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Je fais le mort.

de Jean-Paul Salomé

Avec François Damiens, Géraldine Nakache.

Par Guillaume Collet

Jean, acteur en mal-être et en mal de rôle voit l’ironie s’inviter dans sa vie quand lui est proposé en dernier recours, le rôle de victime lors des reconstitutions policières.

Avoir interprété juges, inspecteurs et policiers donne à cet acteur, un peu chiant, un peu hautain, la curiosité nécessaire pour mener une enquête qui, bien sûr, n’est pas fini, et qui, évidemment, a laissé le vrai meurtrier en liberté.

Au fur et à mesure qu’il lève les doutes, les tentatives d’assassinats, sur sa personne se font plus précises.

Jouer le mort serait-il un moyen de la trouver ?

Evidemment ! C’est une ironie aussi vieille qu’efficace. Et, si la campagne n’est pas aussi idyllique qu’une publicité, il n’y avait que les parisiens pour le croire encore .

La vraie question est, va t’on rire de cette comédie dont la promotion s’enorgueillie d’un tournage en province, dans une station de ski luxueuse hors saison. Le réalisateur comme les acteurs convoquent à chaque interview Lynche.

Cela serait réduire l’aura de son Twin peaks à du brouillard et une place vide éclairée au néon.

Qu’importe si, « Je fais le mort », ne s’inscrit pas dans la ligne de tel film illustre, sous la coupe d’un géant du cinéma, car, il peut prétendre au plus important, faire rire autant que frissonner son spectateur.

L’intensité de ces sentiments restera propre à chacun.

François Damien, juste à souhait, incarne parfaitement ce film qui, non, n’a rien à voir avec une série américaine des années 80,  mais réussi le pari de ne jamais enterrer la comédie sans pour autant assassiner le suspens.

Casse-tête chinois.

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Casse-tête chinois.

de Cédric Klapisch

Avec Audrey Tautou, Cécile de France, Romain Duris.

Par Guillaume Collet.

Amour fuyant, rêves brisés, rafistolés, parcours improbable, goût de la ville, passion de la vie qui y bat à plein, complexe, avec ses paradoxes de scénarios obscurs.

Voilà ce que vous trouverez dans Casse-tête chinois. Non pas le sens de la vie, mais son chemin fait d’impasses, de sens interdits, de retours en arrière.

Klapisch réalise avec ce nouveau volet de la vie de Xavier, son personnage fétiche, le rêve de tout producteur Hollywoodien, faire de son héros une franchise générationnelle. C’est en leur faisant porter les problèmes propres à chaque âge de la vie que le réalisateur réinvente tout en nous surprenant, ses personnages d’antan.

La nouvelle vie New-Yorkaise de Xavier tourne autour de la famille, la fratrie. Une famille abordée par Klapisch comme une entité variable. Quelle soit séparée, recomposée, multiple, diverse,  celle-ci y apparait comme une source d’ordre et de désordre pour toutes ses humanités en mouvement.

Par l’humour et le rythme, le film nous fait oublier ses clichés et nous promène en terrain connu:  rock espagnol, philosophes en conseiller sentimental.

Comment aimer ? comment vivre ?

Un film élégamment équilibré entre citations et nouveautés, qui vient continuer l’Auberge espagnole et les Poupées Russes sur un air que Klapisch, seul sait, merveilleusement jouer.

Les jours heureux

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Documentaire réalisé par Gilles Peret.

Sortie le 6 Novembre 2013

Par Guillaume Collet

Face aux crises économiques mères des crises sociales, face à l’impuissance des hommes politiques à respecter et établir un programme, le réalisateur Gilles Peret s’interroge.

Pour trouver des réponses, ou seulement une inspiration, son documentaire nous plonge dans les heures sombres de l’occupation, lors de la formation du Conseil National de la Résistance. C’est dans la clandestinité, par un ensemble d’hommes et de femmes aux couleurs politiques différentes que le CNR établit son programme politique intitulé « les jours heureux ».

Seul programme à avoir été quasi intégralement appliqué dans l’histoire, il contient un nombre d’avancées sociales fondatrices d’une identité française, d’un état providence aujourd’hui remis en cause par les différents gouvernements.

Comme pour alerter l’opinion sur une république qui marche sur la tête et se renie un peu plus chaque jour, le documentaire convoque, interroge, raconte l’acte fondateur que fût pour notre société la création du Conseil National de la Résistance et son programme.

Malgré son propos « Les jours Heureux » n’est pas un documentaire nostalgique emprisonné dans une pose passéiste . Car après une première partie très historique le film nous propose des réflexions sur l’esprit de révolte dans les contextes et les réalités d’aujourd’hui.

Stephen Hessel, Raymond Aubrac, l’incroyable Daniel Cordier, l’infatigable Léon Landini racontent avec leurs divergences cette expérience qu’ils ont vécue, mais aussi leurs espoirs pour demain, leurs points de vue sur l’actualité. Ces paroles d’hommes d’action qui ont influencé la politique viennent se confronter à celles des politiques dont on a tant de mal à voir l’action, François Copé, Nicolas Dupont Aignan, François Bayrou, Jean-Luc Mélenchon et François Hollande.

Diffusé dans peu de salle « les jours heureux » est un documentaire engagé,  une réflexion et un appel vigoureux à l’action, dédié à la mémoire des résistants.

Pasolini Roma

 

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Exposition du 16/10/2013 au 26/01/2014  à la Cinémathèque Française 51 rue de Bercy (métro Bercy) Lundi Mercredi Samedi de 12h à 19h et nocturne le jeudi jusqu’à 22h.Tarifs : Plein Tarif 10 euros Tarif réduit 8 euros Moins de 18 ans 5 euros

Par Juliette Viaux Peccate

Très exhaustive, l’exposition Pasolini Roma mise en place par Alain Bergala (enseignant à Paris III), Gianni Borgna et Jordi Balló, révèle un grand nombre de surprises aux visiteurs. L’exposition se décompose en plusieurs étapes chronologiques recouvrant l‘ensemble de la vie de Pasolini. Mêlant à la fois archives historiques sur son oeuvre, lettres personnelles et politiques, extraits de films et documentaires, elle nous fait découvrir l’univers tout entier du cinéaste avec une authenticité et un gout du détail frappant. Sans être acculé sous les informations, l’exposition invite à la curiosité du visiteur. On y découvre le portrait d’un homme sensible, provocateur et anti-conformiste qui a su insuffler à Rome une nouvelle façon de penser, de s’insurger. Une exposition qui finalement nous laisse à voir l’univers de cet homme passionné et moderne qui s’est sans cesse questionner sur le monde dans lequel il vivait.

 

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Au cours du vernissage de l’exposition, les visiteurs ont pu découvrir les hommes sans qui cet hommage n’aurait pu avoir tant de justesse. C’est particulièrement devant la figure emblématique du cinéma de Pasolini,  Ninetto Davoli, véritable pygmallion, que nous sommes bouleversés. Evoquant à travers quelques mots son admiration et son ancien amour pour le cinéaste, il clôt ainsi la visite de l’exposition, laissant un visiteur ému face à l’oeuvre de ce grand homme, amoureux de la vie.

Félix Vallotton : Le feu sous la glace

Grand palais, Galerie Nationale.

Du 2 octobre au 20 janvier 2014.

Par Guillaume collet.

Rouge pour le ciel ou les murs, blanc pour la femme ou l’horizon, bleu pour la mer ou le vêtement, Félix Vallotton est un peintre qui a choisi ses tons,  les travaille, les affine, anime de son pinceau, chef d’orchestre silencieux, mille et une variations d’un rose pour une hanche ou pour un vallon.  Au détour des formes, des couleurs, on reconnait un corps, devine un paysage au cœur duquel se joue dans les contours sages, une sensualité bienveillante, subtile.

Un artiste résolument figuratif mais aux emprunts et inspirations abstraits, de la sécession Viennoise à l’art nouveau. Un homme de son temps, amoureux des femmes mais à la misogynie latente, amateur de voyages mais nationaliste  pour la grande guerre.

La Galerie Nationale du Grand Palais nous propose une exposition comme un parcours, non pas chronologique mais thématique, au cœur des sujets, des obsessions successives d’un artiste travailleur. Les tableaux sont assez près pour se répondre et assez loin pour ne pas se gêner. La scénographie simple et efficace facilite l’immersion dans ses paysages, ses scènes d’intérieurs, les lithographies et les nus bien sûr.

Le feu sous la glace, un titre judicieux pour une œuvre contemplative et sensuelle .VALL973

Erwin Blumenfeld

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du 15 Octobre 2013 au 26 Janvier 2014

au Jeu de Paume.

Par Guillaume Collet.

Dehors la tempête rode…pour fuir les bourrasques insistantes, les averses envahissantes réfugiez-vous au Jeu de Paume. Vous y serez en bonne compagnie. Des nus à la mode seventies, un dictateur sanguinolent, des visages, des ombres, des corps sculptés, atrophiés, magnifiés par la pellicule… il y a de quoi plaire à tout le monde. Vous y trouverez plus de trois cents œuvres, des photographies pour la plupart, de l’inspiré Erwin Blumenfeld.

Première en France, cette exposition donne à voir les nombreuses facettes d’une œuvre complexe qui a su parcourir, sans jamais se trahir, divers horizons artistiques. Entre commande pour des magazines de mode et travail personnel le paysage visuel qu’a construit l’artiste sa vie durant est aussi divers que cohérant.

Si l’homme semble avoir vécu la plupart des événements majeurs du XXe siècle, seconde guerre mondiale, révolution culturelle de mai 68, ses photographies embrassent un large spectre d’influences, de sensibilités. Il est difficile de résumer l’œuvre de Blumenfeld tant celle ci appelle à être vue.

Chaque série est un voyage, une variation de réponses au thème du portrait, du corps. Erwin Blumenfeld : un photographe amoureux de la pellicule ; un artiste en constante relation avec les avant-gardes de son temps.

TOUR PARIS 13

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du 1er au 31 octobre 2013

5 rue Fulton

Metro : Quai de la Gare (Ligne 6)

Horraires : Du mardi au dimanche de 10h à 20h (dernières entrées à 19h15)

par Mélannie Mafwata

L’art est éternel… Peut-être, mais pas à la Tour 13 qui sera détruite début novembre. Impossible de manquer cet OVNI orange néon qui veille sur la Seine. Située au 5 rue Fulton de Paris, la Tour 13 vouée à la destruction nous accueille dans ses huit étages (et sa cave) pour une exposition streetart éphémère aux proportions surréalistes.

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En effet, les murs intérieurs et extérieurs de la Tour 13 ont été le terrain de jeu d’une nuée d’artistes venue apporter de la couleur et des idées avant le grand écroulement. Toutefois, atteindre le septième ciel ou plutôt le huitième étage de cette Tour 13 relève davantage de l’aventure que de l’acquis. En effet, s’armer de patience et de bonne compagnie est primordial pour affronter les trois heures d’attente minimum. Trop de succès.

Et à l’intérieur ? Les murs de cet immeuble sont à l’image de ses vaillants visiteurs : hétéroclites. Ainsi croiser Gainsbourg, un samouraï et une souris philosophe en moins de cinq minutes ne relève pas de l’absurde. Se mêlent différentes pattes, esthétiques, revendications sur les murs de la Tour 13. Chacun s’attardera ici et là pour différentes raisons et on trouvera non pas le diable, mais des surprises dans les détails et recoins de ces appartements fantômes. Chaque pièce nous dévoile son univers propre qui nous charme, intrigue ou glace le sang.

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De retour sur la terre ferme, nous retournons doucement à nos esprits, les yeux toujours grands ouverts, émerveillés n’en revenant toujours pas de l’instant fugace passé entre ces murs. Plus que trois jours donc pour visiter les dédales de la Tour 13 qui fermera ses portes à jamais le 31 octobre 2013.

Crédits photos : Laflaneuse, CitySide, Sofrenchy

Une nouvelle cafétéria pour Paris 3 !

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par Martin Mavilla

Après avoir donné naissance à un nouveau bâtiment l’année dernière, voilà que la Sorbonne Nouvelle offre des soins chirurgicaux à sa cafétéria…  Mais ce changement est-il du goût de tout le monde ? C’est ce à quoi j’ai tenté de répondre en consultant plusieurs des élèves de Paris 3.

« En même temps, ce n’était pas compliqué de faire mieux ! » déclare, dans un cri du cœur, Marie-France, étudiante en Lettres Modernes à Paris 3.

Pour les élèves en première année ou bien pour ceux souffrant d’une intense amnésie, rappelons que les couleurs étaient autrefois composées d’un jaune et gris déteints et que la fumée des fourneaux se répandait au plafond et, parfois, jusqu’au bout de la salle.

Bref, il était temps que ça change !

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Désormais, les couleurs sont plus vives et chaleureuses. Les damiers blancs et rougeâtres de la caisse ne sont pas sans évoquer les principales couleurs du Père Noël. Ce vieil homme barbu et rebondi (dont l’existence reste à vérifier) serait-il passé avant l’heure à Paris 3 ?

Tout porte à la croire : de confortables et gracieuses chaises de paille ornent désormais la cafétéria, preuve que les chaises de poupées de l’année dernière ont enfin trouvé leur utilité dans le recyclage ; un piano à queue Pleyel est disposé depuis le mois d’avril, le précédent étant désaccordé et orphelin de quelques notes.

Les prix de sandwichs et de gâteaux sont tout à fait abordables et ne ruineront pas les étudiants, comparé à certains cafés environnant la fac. Mais le principal trésor de cette cafétéria réside dans ses cappuccinos. « C’est LA boisson de la fac », confirme Nicolas, étudiant en Monde Anglophone.

Son goût noisette est si riche que tout accompagnement s’avèrera inutile. Un seul gobelet de ce cappuccino peut remplacer un petit déjeuner à lui tout seul. Willy Wonka hanterait il les lieux ?

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Enfin pas de miracles,  les pressés se brûleront toujours la langue si ils n’ont pas attendu les 10 minutes réglementaires, et il sera toujours peu aisé de transporter, sans se tâcher, du rez-de-chaussée au troisième, son gobelet bouillant. Malgré ces qualités, des points restent à améliorer.

Un nombre supplémentaire de caisses serait le bienvenu. Mathieu, étudiant en Cinéma, déclare: « L’autre jour, j’ai du attendre vingt minutes pour un cappuccino alors qu’il n’y avait que cinq personnes devant moi ! ». De plus, les étudiants consultés ont déclaré, à l’unanimité, qu’un supplément de tables  ainsi que des chaises dans les couloirs s’imposent.

L’idée d’avoir mis des ampoules à chaque table ne plait pas à tout le monde. Selon Aymeric, étudiant en Lettres Modernes : « L’éclairage est dégueulasse, on ne voit pas ce qu’on mange ; il faudrait des néons au plafond au lieu d’ampoules aux murs ».

D’autre part, des idées de menus éviteraient aux Sorbonnards d’acheter chaque produit séparément. Produits qu’il ne peuvent d’ailleurs pas réchauffer eux-mêmes car le micro-ondes, autrefois mis à disposition des élèves, a disparu ! Les pains viennois se sont aussi volatilisés, ce qui a bouleversé Joël, étudiante en Monde Anglophone : « Les pains viennois étaient parfaits pour mes problèmes de gencives car ils étaient doux et moelleux ». Pour l’instant, Joël n’a pas encore trouvé de pâtisserie de remplacement… Et, comble de l’inconfort, la porte ne s’ouvre pas de l’extérieur et les étudiants doivent attendre comme de pauvres malheureux (parfois sous la pluie) avant qu’un innocent déjeuneur vienne leur ouvrir de l’intérieur…

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Il est donc souvent tumultueux et incertain de se rendre à la cafétéria de Paris 3, mais nous ne sommes pas les plus à plaindre. Nous avons déjà une cafétéria, ce qui n’est pas le cas de toutes les facs. Comme l’a dit Julien, étudiant en Lettres Modernes : « Paris IV n’en a pas du tout alors qu’elle regroupe un nombre assez important d’élèves ». On veut bien le croire : le plus grand centre universitaire de France, 25 000 étudiants, 17 unités de Formation et même pas de cafétéria !

Ce point de rassasiement est donc avantageux sur bien des points : les cappuccinos sont à tomber, au même titre que les innombrables Sorbonnardes déambulant de toutes parts, le piano à queue permet de convier une partie de la clientèle au fameux jeu du blind-test, et l’ambiance est toujours paisible et conviviale (généralement jusqu’à la période de partiels).

Remise de peine

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Guillaume Collet, le 17/11/13

 

9 mois ferme

d’Albert Dupontel.

Avec Sandrine Kiberlain, Albert Dupontel.

Sortie le mercredi 16 octobre.

Fable décomplexée, 9 mois ferme d’Albert Dupontel, sorti ce mercredi 16 octobre, nous dévoile le quotidien chamboulé d’une juge enceinte par mégarde d’un malfrat notoire.

Continuant avec brio l’exercice délicat d’être à la fois devant et derrière la caméra, Albert Dupontel fait de ce scénario de comédie un film complexe. Sur un ton noir et enjoué 9 mois ferme explore le monde de la justice, des gardes à vue, du délit de sale gueule. Sans se laisser prendre au piège des clichés, le réalisateur/acteur en use avec adresse pour entourer l’actrice principale Sandrine Kiberlain d’incroyables seconds rôles.

Entre deux moments de bravoure hilarants, chaque personnage en se dévoilant, nous amène à réfléchir sur des vérités plus sérieuses. Et c’est là l’une des forces de Dupontel de ne jamais sacrifier au dynamisme, à l’envie revendiquée de choquer, une certaine sensibilité, un véritable discours humaniste.

Guillaume Collet

Blu(es) Jasmine

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Blue Jasmine

De Woody Allen

Avec Cate Blanchett, Alec Baldwin.

Par Guillaume Collet

Loin de sa ville de prédilection, le prolixe réalisateur, Woody Allen, place son drame à San Francisco où l’humeur et la santé mentale de son héroïne montent et descendent plus rapidement qu’un tramway sur les collines.

Chaque film de Woody Allen oscille entre la redite et la création. Cette fois, Blue Jasmine tient plus de l’innovation que de la répétition. Pourtant nous y retrouvons une narration décousue, fleurie de flash back, des couples qui se mêlent s’entremêlent, alors, où est la nouveauté ? Plus que dans son style, véritable institution, l’inédit semble venir de Cate Blanchett. L’homme aux lunettes construit son film autour de l’actrice australienne qu’il dresse en figure fantasmée de la très haute bourgeoisie, élégante et altière, mise à mal par son destin. Cate Blanchett se montre à la hauteur de ce rôle tout en paradoxe. L’un des intérêts du film est de suivre les brusques changements de son visage, son talent rendant crédible chaque tressaillement, chaque gonflement des yeux. L’actrice arrive à nous interpréter la beauté froide presque publicitaire et le vertige d’un mal être profond.

Variation sur les stigmates de la détresse psychique, Woody Allen nous livre une fois de plus un film à la morale sombre dont tout le plaisir est de suivre le parcours d’une icône brisée tentant de se reconstruire.