Tous les articles par nouvellesvagues

D’une révolution à une autre : le réveil de l’intelligence artificielle

Par Delia Arrunategui

La troisième révolution industrielle, celle du numérique, est en cours. Elle est en train de transformer nos sociétés, elle redéfinit notre rapport aux connaissances et nous conduit à grande vitesse aux portes d’une nouvelle ère, celle dans laquelle les machines seront capables de simuler l’intelligence.

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Conférence Cognivences : entre passion et connivences

Loan Peuch & Valentine L. Delétoille | Eliott et Ondine, deux scientifiques normaliens, ont la volonté dévorante de faire bouger les choses dans leurs domaines et d’accélérer la recherche. Convaincus, passionnés, ambitieux, ont peut espérer que le Forum ne soit que le début.

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Commémoration des victimes de la Seconde Guerre Mondiale (31.01.2019)

Reportage réalisé par Sarah Bronsard (dernière partie)

Crédits photos : Deutscher Bundestag/Stella von Saldern

Nous y voilà enfin. C’est avec impatience que nous attendions tous ce jour, cette « grande finale » de notre rencontre, la cérémonie commémorative en salle plénière. Il est 6 h, certains d’entre nous sont encore mal réveillés en descendant prendre le petit déjeuner à l’hôtel. Mais rapidement, les conversations s’animent, nous sommes tous excités à l’idée de ce qui nous attend.

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Comment trouver un.e bon.ne gynéco ? La liste qui fait du bien.

Emma L. | 

Pas facile, quand on arrive à Paris pour les études, de trouver des soignant.e.s. Voici une astuce pour au moins réussir à trouver un.e bon.ne gynéco, histoire de ne pas se faire inspecter le vagin par n’importe qui. Lire la suite Comment trouver un.e bon.ne gynéco ? La liste qui fait du bien.

Petites facettes égyptiennes

Sara Machtou, le 15.07.2017

A l’issue d’un stage de langue arabe en septembre dernier, j’ai pu découvrir un pays à la richesse culturelle forte, l’Egypte. Chacun se souvient des cours d’histoire-géographie où les manuels étaient remplis de photographies de cette région. C’est avec grand enthousiasme et quelques clichés en tête que je pris la direction du pays des pyramides et des anciens pharaons. Voici un petit topo sur ce voyage sans pareille.

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Il faut tout d’abord comprendre que la capitale cairoise, surnommée la « Victorieuse », est la plus grande agglomération d’Egypte ainsi que du Moyen-Orient. Ce qui frappe au premier regard est la densité de ses bâtisses. Résidente tout au long de mon séjour dans le quartier populaire de Gize, l’immensité des immeubles procure un effet de microcosme à quiconque se trouverait à ses pieds. L’ouverture d’une fenêtre peut donner directement sur celle de son voisin. C’est un véritable « un jeu de regard ». Il n’est pas forcément possible de savoir qui observe et qui est observé. Aussi, l’immensité permet un certain « culte du secret ». C’est d’ailleurs une idée que l’on trouve chez de nombreux auteurs égyptiens, Naguib Mahfouz en l’exemple dans son ouvrage Passage des miracles1 :

[… Quand les rayons du soleil atteignirent le mur gauche de l’impasse, il fit pivoter son fauteuil à vis et tourna son visage du côté de la rue. De longues minutes passèrent durant lesquelles il n’en détacha pas son regard. Puis il tendit l’oreille et ses yeux brillèrent au bruit de sandales de bois qui frappaient les pierres de la rue en pente. L’espace de quelques secondes, Hamida passa devant la porte du bazar. Alwâne tressa ses moustaches avec soin et fit à nouveau pivoter son siège vers son bureau. La joie luisait dans son regard, à défaut d’une satisfaction totale : car, après une heure entière d’attente anxieuse et de désir, il lui était difficile de se contenter d’une vision fugitive. En dehors de ces instants trop bref, il ne pouvait la voir qu’à la dérobée, à sa fenêtre, quand il se risquait à se montrer dehors, comme pour se détendre les nerfs en faisant quelques pas. Il était très prudent par nature, soucieux de son rang et de sa dignité. Il était le sayyid et elle était la une pauvre fille et l’impasse était pleine de langues et d’yeux indiscret […]

Les déplacements s’effectuent selon plusieurs modes de transport. Pour la somme dérisoire de un gini, il est possible de se déplacer en métro. Des wagons sont strictement réservés aux femmes. Le délai d’ouverture et de fermeture des portes étant parfois assez court, il n’est pas rare aux heures de pointe de devoir pousser du coude pour y trouver une place. Dans ces conditions, si l’on se trouve trop éloigné de la porte de sortie, il faut employer une technique bien rodée. Elle consiste à interroger les personnes autour de soi par un fameux « Nazla ? » (Tu descends ?). Progressivement, il est dès lors possible de se frayer un chemin jusqu’au bout de la porte et d’être sûr de pouvoir descendre au prochain arrêt. Quant à la circulation cairoise, celle-ci est périlleuse et les embouteillages y sont fréquents. Les taxis ne sont généralement pas dotés de compteurs d’où la nécessité de négocier le prix en amont. La négociation est un art où chacun tente d’y tirer son épingle du jeu. Elle fait partie prenante de la culture arabe. Le transport en bus peut s’avérer complexe pour qui ne parle par la « ‘amiyya », le dialecte égyptien. Il est alors assez facile de se perdre. Quant aux minibus, ceux-ci circulent aux quatre coins de la capitale. Ce moyen de transport en commun permet également de rejoindre d’autres grandes villes et ce n’est qu’une fois l’ensemble des sièges remplis qu’il est possible de prendre le départ.

La nuit, le temps se rafraîchit et les gens sortent en plus grand nombre. Une animation particulière se déroule dans les rues. Les personnes attablées dans des terrasses de cafés jouissent de leur consommation autour du « Narguilé ». Cet objet apporte un aspect de convivialité aux discussions, il est un véritable marqueur socioculturel du pays. Toutefois la prudence doit être de mise lorsque l’on chemine dans les ruelles, le pays tient une mauvaise place dans le harcèlement sexuel à l’égard des femmes (voir à ce titre le film Les femmes du bus 678 de Mohamed Diab qui traite de ce problème). Aussi et afin de s’éloigner des problèmes sanitaires dus à une mauvaise gestion des déchets et de saturation fortement marquées dans les grandes villes, émergent des villes nouvelles et des « gated communities ». Forme urbaine particulière, elles se trouvent à la périphérie des grandes villes et sont des pôles d’habitations dont le but est de désengorger les grandes agglomérations.

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Pour l’alimentation, je fus marquée par un plat et une boisson en particulier : le kochari et le qahwa turki. Le premier est le plat traditionnel composé d’un mélange de plusieurs féculents : riz, pâtes, lentilles, pois-chiches, le tout agrémenté d’oignons frits et d’une sauce tomate piquante pour les plus téméraires. Inutile de préciser qu’après dégustation on en ressort rassasié. Le second, est le café préparé à l’aide d’un ustensile bien spécifique, le cezve (petit pot généralement en cuivre et que l’on pose directement sur le feu avec l’eau et le marc de café mélangés en son sein). Ce café est typique dans l’ensemble du Proche-Orient. En dénote une chanson d’un chanteur très célébre, ‘Abdel Al-Halîm Hâfez, karyat al finjân2 (La lectrice de la tasse). Une voyante lit l’avenir du protagoniste au biais du marc de café resté dans la tasse après que celui-ci fut renversé dans la sous-tasse. Elle débute de la manière suivante :

Elle s’assit, la peur dans ses yeux,

Elle observa une tasse renversée,

Elle dit : Mon fils … ne soit pas triste, l’amour est ta destinée [..] »

جَلَسَت والخوفُ بعينيها

تتأمَّلُ فنجاني المقلوب

قالت: يا ولدي.. لا تَحزَن. فالحُبُّ عَليكَ هوَ المكتوب

Lien video : https://www.youtube.com/watch?v=g1o5EdK2meI

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Abdel Al-Halîm Hâfez

Il faut sortir des sentiers battus et ne pas hésiter à s’aventurer dans d’autres villes égyptiennes : Alexandrie, Louxor, Assouan, Suez etc. L’occasion de naviguer sur le Nil au son d’une musicalité typiquement égyptienne, de croiser des vendeurs de ‘aïch (le pain égyptien) et de livres dans les rues, ou de se poser et siroter un thé à l’hibiscus nommé karkadé, ne manquent pas. De ce pays, je reste in fine fortement marquée par de nombreux aspects : sa musique, sa religiosité, ses monuments, mais aussi le mode de vie de ses habitants. Afin de profiter au mieux du voyage, il ne faut pas hésiter à regarder d’un œil de lynx tout ce qui se trouve aux alentours, cela peut apporter bien des surprises.

 

1Naguib Mahfouz, Passage des miracles, Babel, Actes Sud, 2007, p 105-106

Au-delà des toiles : promenade à Orsay

Sarah, le 20/07/16

Attention, spoilers.

Exposition. Au-delà des étoiles. Le paysage mystique de Monet à Kandinsky.

Comment entrer dans un paysage, thème privilégié des peintres, sans s’y perde ? Dans la profusion des toiles qu’offrent le thème, l’exposition choisit judicieusement une entrée : celle du mysticisme dans les tableaux de la fin du 19ème et début du 20ème.

On a connu ces dernières années des expositions riches mais un peu fourre-tout à Orsay qui essayent de tout montrer et de tout dire d’un thème assez large. Ici, mettre des bornes temporelles et thématiques permet de se concentrer sur l’essentiel : l’émotion que procurent certaines œuvres en nous montrant des paysages naturels ou urbains, presque désertés de figures humaines. Les œuvres d’un même peintre sont souvent regroupées – ou peu espacées – ce qui nous permet de « passer un peu de temps » avec un peintre, d’avoir le temps d’apprécier son travail.

Le chemin de l’exposition, qui nous mène jusqu’aux étoiles, montre différentes façons d’envisager ce « mysticisme », cet « au-delà du paysage ». L’ancrage théorique est bien posé avec des peintres qui comme Kandinsky qui ce sont intéressés au Spirituel dans l’art, le thème est également illustré de manière presque explicite avec des peintres peignant des figures religieuses dans les paysages, ou encore en lien avec la poésie et les correspondances de Baudelaire. L’exposition se clôt, là encore habilement, entre un « au-delà » qui est celui de la guerre – donnant des airs d’apocalypse au paysage tout en le défigurant – et celui de l’univers, qui défie les formes terrestres.

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La scénographie est habilement menée. L’entrée dans l’exposition n’est pas introductive, elle frappe directement, à peine a-t-on posé le pied dans la première salle que l’on trouve à sa gauche les quatre tableaux de Monet dépeignant, en des temps et avec des harmonies de couleurs différentes la cathédrale de Rouen, et à sa droite, les meules, à la fin de l’été et sous la neige. Ces deux séries de tableaux accueillent dans l’exposition et poignent, immobilisent (créant d’emblée un bouchon dès l’entrée !), on repartirait presque après les avoir vues tant elles semblent tout dire de cet « au-delà des toiles », tant elles happent le regard vers un horizon de couleurs, capables de renvoyer une émotion, si ce n’est mystique, artistique ou poétique. Monet s’est d’ailleurs défendu, pour les Nymphéas dont on trouve trace un peu plus loin, d’être autre chose que « réaliste ».

L’on se meut dans les différentes salles de telles façon à entrer parfois directement dans un paysage. Peut nous attendre, plus discrètement, dans le coin d’une pièce, un tableau qui nous mène sur le silence de la place Saint-Marc (La Place Saint Marc au crépuscule, Henri Le Sidanier). La dernière salle, ovale, se rapporte à un cosmos représenté sous des formes circulaires, du soleil de Munch à la toile ronde de Giacommetti. L’on peut s’asseoir et se laisser bercer par l’ « unanwsered question », en savourant les dernières lueurs de l’exposition.

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Peut-être que des professionnels de l’art trouveront le thème trop scénarisé (on a même été enclin a parlé de « spoilers ») ou simplifiée. Mais j’ai trouvé belle l’exposition, simple et maline car elle laisse le temps de retenir certaines œuvres, d’en être ému et le parcours est rendu intelligible. L’on peut trouver cette fin dans le cosmos assez grandiloquente, et j’aurais peut-être aimé terminé dans un plus grand dénuement, peut-être avec une mystique qui n’est que la poésie réaliste de Monet…

L’on peut se dire ainsi la boucle et bouclée, et qu’avec le paysage, les peintres imposent – comme d’ailleurs les poètes à la même époque, la tension de lignes d’horizon, de lignes courbes, dans la fixité et la quadrature du cadre, à l’origine peut être, de nos émotions.

La Fusion, c’est quoi ?

Ninon L., le 13/02/2017

Petit précis de fusion universitaire

On en entend parler à la fac, de nombreux.ses professeur.e.s et des étudiant.e.s y sont opposé.e.s : mais qu’est-ce que c’est exactement, la fusion ? ça sort d’où ?

Des fusions… en ébullition !

Le projet de fusion de Paris 3 avec Paris 5 et Paris 7 n’est pas un phénomène isolé. Toulouse, Grenoble… et à côté de nous, Paris 4 et Paris 6. Un peu partout, cela soulève des mouvements de contestation.

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Rassemblement du 27 janvier devant le CA de Paris 3

Têtes de chats ajoutées par le Collectif des étudiant.e.s de Paris 3 contre la fusion

Alors pourquoi la fusion est à la mode dans les CA*?

* CA = conseil d’administration, instance décisionnaire où siège le/la président.e et où sont prises toutes les grandes décisions concernant la fac.

Un peu d’histoire : la LRU, 10 ans après.

Remontons en 2007. Sous le gouvernement de François Fillon, Valérie Pécresse fait passer la « loi relative aux libertés et responsabilités des universités » : la fameuse LRU (Loi relative aux Responsabilités des Universités), connue pour les grèves et blocages qu’elle a suscités.

Des universités libres et responsables, ça n’a pas plu ? Eh non ! Voici quelques raisons, dont les évènements d’aujourd’hui découlent en partie.

Changement de gouvernance des facs : CA majesté

– La LRU prévoit davantage de sièges dans le CA pour les « personnalités extérieures »* (élu.e.s qui ne sont pas de la fac), et diminue ceux attribués aux représentant.e.s des étudiant.e.s et des personnels.

– Elle donne beaucoup plus de pouvoir au CA et au président qu’avant. La liste qui sort gagnante lors des élections a ce qu’on appelle une « prime majoritaire » : elle se voit octroyer d’office la moitié des sièges, et le reste des sièges est réparti à la proportionnelle. Cette liste a donc une majorité plus qu’absolue.

– Enfin, la loi mentionne que les universités peuvent décider de fusionner ou changer de statut si leur CA le vote à la majorité absolue.

Les facs ont également obtenu une autonomie dans le domaine budgétaire, la gestion des ressources humaines, la propriété immobilière… L’Université gère désormais 100% de son budget. Les dons du privé sont défiscalisés. Pour certains syndicats étudiants, cela est le signe d’un désengagement de l’Etat qui pourrait conduire à la privatisation des facs.

*Les « personnalités extérieures » sont des personnes qui siègent au CA d’une université (après avoir été élus par le CA ou nommés) sans faire parti de cette université. A Paris 3, siègent par exemple la maire du douzième arrondissement de Paris et un membre du comité de direction de la Société Générale.

Bon, d’accord, ça c’est sous Sarkozy. Et après ?

2013, la gauche est au pouvoir. Elle fait passer la loi Fioraso, qui remet très peu en cause la LRU.

Elle enfonce même le clou, puisque cette loi impose aux facs de participer à une « coordination territoriale », sous la forme soit d’une fusion, soit d’une ComUE (communauté d’universités et établissements), soit d’une association. Ça donne ça :

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A Paris 3, nous sommes dans une ComUE* qui s’appelle USPC, comme l’indique notre carte étudiante.

Et l’on fête les dix ans de la loi LRU avec un projet de fusion !

* une ComUE est un établissement public qui regroupe plusieurs universités et organismes de recherche. Elle a son propre budget et un conseil d’administration, un président, un vice-président. Elle peut délivrer les diplômes.

Le projet de fusion Paris 3-Paris 5-Paris 7

Quand des établissements fusionnent, cela veut dire qu’ils perdent leur « personnalité juridique et morale ». Il y aura donc un seul président et un seul conseil d’administration pour la « nouvelle université ».

Là encore, pour comprendre, il faut revenir un peu en arrière.

Feu Idex.

Nicolas Sarkozy (toujours lui) a lancé en 2011 un premier « programme d’investissement d’avenir » pour les facs. Pour toutes les facs de France ? Non, il n’y avait que huit « Idex ». Comme le nom l’indique, il s’agit d’une « initiative d’excellence ». Les campus sont donc mis en compétition devant un « jury international ». Le but est de faire des grands pôles universitaires visibles à l’international et bien classés dans des classements d’université comme celui de Shanghaï *.

USPC avait obtenu l’IDEX entre 2012 et 2016, mais l’Etat a décidé de ne pas le reconduire l’année dernière : l’USPC a « perdu l’IDEX », comme on l’entend dire.

USPC a donc déduit du rapport de non-reconduction de l’IDEX que le moyen principal pour récupérer ce financement était de procéder à une fusion (idem à Toulouse).

Une fusion qui doit se faire le plus rapidement possible pour pouvoir redéposer un dossier afin d’espérer récupérer le financement.

* pour dédramatiser le classement de Shanghai : « le classement de Shanghai vu de Chine » suite ici

Idex prétexte ?

Récupérer l’Idex est souvent présenté comme une injonction. Cela semble compréhensible pour USPC, car le financement représentait un tiers de ses fonds. Néanmoins, pour Paris 3, cela ne correspond qu’à une part dérisoire du budget total (1% selon la CGT, difficile d’obtenir des chiffres de la part de la présidence).

On pourrait alors se poser d’autres questions que celle de « récupérer l’Idex » :

– Pourquoi l’Etat choisit-il de donner énormément d’argent à certaines ComUE seulement et rien à d’autres ?

– Les ComUE sont-elles tout à fait indispensables ? On pourrait douter du pari qui vise à donner de l’argent à des superstructures coûteuses au lieu de le verser aux facs directement.

De la loi Fioraso au projet de fusion, l’étendard de la quête de reconnaissance à l’international est toujours brandi, ainsi que la volonté de monter dans les classements internationaux. Le modèle est celui des universités américaines prestigieuses.

Des facs « à l’américaine » ?

Cette politique de l’Etat revient à mettre de côté les facs qui ne sont pas touchées par les huit « initiatives d’excellences », créant un système universitaire à deux vitesses. L’élitisme est d’ailleurs présent à l’intérieur même du projet de fusion, puisque Paris 13, jugée moins attractive, en a été exclue : on lui propose une simple « association ».

Admettons toutefois que l’on adhère à ce désir de voir une poignée de facultés françaises accéder au modèle du campus américain, est-ce que cela est réalisable ? Rien n’est moins sûr ! La future université est censée accueillir 85000 étudiant.e.s sur des sites éparpillés (quand les meilleures facs américaines en comptent 15 à 20000 sur un même campus) : on peut légitimement se poser la question des déplacements des étudiant.e.s entre les trois facs et leurs nombreux sites, ainsi que celle de la gestion administrative (multiplication des interlocuteurs, difficultés à répondre aux cas particuliers, à penser aux étudiants en situation de handicap, problèmes pour le réalisation des emplois du temps, pour la remontée des notes, etc.).

Pour arriver à l’idéal universitaire proposé, la diminution du nombre d’étudiant.e.s sera alors de mise. Après la suppression de toutes les formations supposées faire doublon (dans la COMUE Université de Lorraine : – 50% du nombre de Licences, -20% du nombre de Masters) et face aux amphis bondés liés à la réunion des filières correspondantes (les lettres et le cinéma existent à Paris 3 et Paris 7), la solution sera d’accroître la sélection. La présidence assure que la nouvelle université fusionnée restera un établissement de droit public, mais tout invite à penser qu’à terme, cette université passera au statut de « grand établissement »*, ce qui lui permettra de hausser les frais d’inscription.

En résumé, le choix politique encouragé par le gouvernement actuel et que les Présidents de Paris 3, Paris 5, Paris 7 essaient d’acter de toute urgence avant la prochaine élection présidentielle consiste à créer des établissements géants, dont les effectifs permettraient d’être plus visibles à l’échelle internationale. Le risque est de se retrouver avec des conditions d’enseignement industrielles, surtout en Licence et que les financements soient concentrés sur quelques formations et unités de recherches dites d’excellence.

* comme Science po Paris ou l’Université Paris Dauphine.

A Paris 3, fusion il y a / il n’y a pas

Le président de l’université s’était présenté sur une liste qui avait promis de ne pas s’engager sur la voie de la fusion. Mais le 16 décembre, surprise ! Une « feuille de route » conduisant à la fusion a été votée par le CA, quand bien même le Conseil Académique de P3, réunissant les deux autres Conseils Centraux – Commission de la Recherche et Commission de la Formation et de la Vie Universitaire – se sont prononcés contre à 75%*.

Pour l’instant, le discours de la présidence consiste à dire qu’il s’agit simplement d’une discussion autour de la fondation d’une nouvelle université**. Cela vise à la fois à cacher le fait qu’elle n’a pas respecté ses engagements, et à réduire les possibilités de contestation : s’il n’y a pas de fusion, pourquoi se battre contre elle ? Pourtant, des mesures sont déjà mises en place pour réaliser cette fusion, comme par exemple la restructuration des Ecoles Doctorales (qui s’occupent des étudiants en thèse) d’USPC, annoncée le 10 janvier 2017.

La grande majorité des professeur.e.s, personnels et étudiant.e.s s’oppose au projet :

  • 2000 étudiant.e.s ont voté pour des listes contre la fusion lors des élections étudiant.e.s (taux de participation historique). De nombreux étudiant.e.s ont montré vivement leur opposition : pétition, tentative de blocage du CA, rassemblement, prise de parole en AG.
  • Des consultations (élections sur un sujet) ont été organisées : dans l’UFR Arts et médias et le département LLCSE qui ont voté contre à plus de 90%.
  • L’AG du 31 janvier a réuni 250 professeur.e.s, étudiant.e.s et personnels.
  • Les personnels craignent, pour les plus précaires, de ne pas voir leurs contrats reconduits, de voir s’alourdir leurs charges de travail et d’être déplacés. A Strasbourg, la nouvelle université fusionnée a vu doubler le nombre d’arrêts maladie.

À Paris 7, le projet est aussi vivement contesté. Le 16 décembre, la présidence avait donné des points de rendez-vous différents aux membres du CA pro et anti-fusion. Le CA a été organisé dans une salle de l’université dont on avait plâtré les accès pour l’occasion, et où l’on avait retiré les poignées des portes ! Les étudiant.es et salarié.es présent.es pour un rassemblement contre la fusion, outré.e.s par ces mesures, ont occupé le CA.

Enfin, lors des conseils des 3 et 27 janvier des deux universités qui se sont tenus en Sorbonne, plusieurs camions de policiers attendaient les étudiant.e.s et salarié.e.s venu.e.s se rassembler.

* Vote d’une motion (texte soumis au CA) à deux reprises contestant le projet de fusion.

** mail du 3/01 « Cette délibération, je l’ai dit à de nombreuses reprises et répété lors du CA, n’est en aucun cas un vote pour ou contre une éventuelle fusion ».

Et maintenant ?

Cette fusion « venue d’en haut » et la contestation à laquelle elle donne lieu pourrait ouvrir un lieu de débat commun sur l’université : quand on vient à la fac, qu’y cherche-t-on ? Qu’est-ce qu’on y trouve et qu’attend-t-on d’elle ? Quelle conception se fait-on des études ? Qu’est-ce qui pourrait être amélioré ? Quels liens entretenir avec la société ? Elles invitent à débattre et à nous approprier des perspectives d’avenir.

Le président semble préconiser la voie de la réflexion dans ses mails, et ne « doute pas » qu’ « un projet alternatif » à la fusion pourra s’élaborer dans les 18 prochains mois.

On ne doute pas non plus qu’il y aura des projets alternatifs (il y en a déjà !). le problème est de savoir s’ils bénéficieront des mêmes moyens pour voir le jour et surtout s’ils seront vraiment pris au sérieux par l’équipe en place.

Il est plus que probable que le président y reste sourd car, on l’a vu, le projet qu’il présente va dans le sens des réformes qui touchent l’université depuis dix ans, dans le sens aussi des politiques de restructuration et de « managérisation » qui touchent l’ensemble des services publics.

Pour ne pas risquer sa place et pour montrer des signes de fidélité au gouvernement en place, il est certain qu’il est plus confortable d’aller dans ce sens-là.

Mais nombreux.ses sont celles et ceux qui n’ont pas peur d’aller à contre-courant, car, alors que jusqu’ici, on a délibérément privé les personnels et les étudiants de toute information et de tout débat sur l’avenir de nos établissements, il est temps pour eux de retrouver leur place dans l’université qu’ils veulent construire, et non dans celle préfabriquée par des logiques néo-libérales encouragées par les derniers gouvernements et des opportunismes locaux.

=> Un Collectif d’étudiant.e.s contre la Fusion a été créé pour se mobiliser et/ou se tenir informé : fb  (vous y trouverez les comptes-rendus des dernières AG et rassemblements).

=> Des journées de mobilisation sont prévues les 20, 21, 22 février, avec un grand rassemblement interfac contre la fusion le matin du 22.

Autres pages Facebook :

Non à la fusion Paris 3 – Paris 5 – Paris 7

Chatons contre la fusion

Lego Batman parle de… Lego Batman !

Mercredi est sorti au cinéma un nouvel opus de la saga Lego sur grand écran. Nous nous sommes rendus dans les salles obscures pour juger de la qualité de ce divertissement.

Obscures. (Dit avec la voix grave et profonde de la noirceur). Noir. Tout n’est que noir dans ma vie, car je suis… Batman ! Merci petit, mais ton explication est barbante, je m’en occupe maintenant. C’est moi, le chevalier noir venu tout droit de Gotham pour vous parler du personnage de Comics préféré de tous les humains sur terre : Batman !

Qu’est-ce qui fait de Lego Batman le meilleur film de l’année ? Pour commencer, je suis le personnage principal, moi, Batman ! Il y a aussi le Bat-plane, le Bat-boat et… Le Bat-Kayac. Que des Bats. J’ai écrit une chanson à ce sujet : « Baaaaaaat ! Tant de baaaaaat. On a tous besoin de baaaaaaat. »

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Warner Bros. France

Je suis le meilleur.

De quoi parle mon film ? De la meilleure histoire qui soit.

Moi, Batman ! Je me bats contre tous mes méchants habituels : Poison Ivy, Catwoman, Homme-Mystère, Pingouin, Harley Quinn… Mais surtout, le Joker. Il pense être mon pire ennemi mais Batman n’en a pas, il se bat de-ci de-là sans s’attacher. Batman ne fait pas dans les relations. Vexé, le clown élabore un plan bien trop compliqué pour essayer de déstabiliser Batman. Il s’allie alors avec des méchant que moi, Batman, n’avais jamais vu avant. C’est l’occasion pour Batman de se remettre en question et d’embarquer pour un voyage initiatique plein d’émotion (eww).

joker
Warner Bros. France

Tu en connais assez sur la vie de Bruce Wayn… Batman. Tu veux surement que je te donne des raisons d’aller voir ce film. Il n’y en a qu’une seule : Batman !

Non ? Ça ne suffit pas ? Rah, d’accord. Par où commencer.

Déjà, l’humour. Ce film est plein de super-blagues élaborées avec intelligence. Normal, c’est moi qui les ai écrites. J’ai TOUT écrit. « L’Enfer, c’est les autres. » Tu penses que c’est de Sartre ? Et bah non ! C’est de… Batman !

Ensuite, l’écriture du scénario est parfaite. C’est de loin le meilleur film Lego depuis toujours. Les méchants ont de vraies motivations, le héros, moi, Batman, a une vraie évolution et tout s’enchaine avec fluidité et justesse.

Finalement, la bande-son est parfaite. Pour certain, ça n’est qu’un détail, mais pour Batman, c’est tout ce qui importe. On m’entend chanter, il y a mes morceaux préférés comme « Who’s the (Bat)Man » de Patrick Stump, « I’m Batman » de Lil Dicky ou « Heroes (We Could Be) » d’Alesso.

Avec tout ce que je viens de te dire, il n’y a plus de doute, je suis le meilleur Batman et mon film est le meilleur de tous. Ne me lance pas sur Christian Bale ! Eww. Un véritable calvaire. Il n’est même pas capable d’utiliser ses Bat-gadgets correctement. Et son style de combat ressemble à celui d’un retraité en déambulateur. Personne n’est digne de me représenter au cinéma. Il faudrait que Batman joue le rôle de Batman dans chaque film qui parle de Batman !

Monsieur Wayne, votre homard et votre champagne sont prêts. Dois-je vous les apporter dans la cave ? 

Alfred, arrête d’écrire à ma place pour que je te remarque ! Je mange quand je veux, t’es pas mon père !

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Warner Bros. France

Nordinateur, j’en étais où ? Ah oui, il est temps pour moi de partir sauver Gotham une fois de plus. Va voir mon film, tu n’as jamais rien vu d’aussi bien. Nordinateur ? Enregistre et publie ça sur le Bat-Web.

Mickael A. Batman !