Archives pour la catégorie Musique

Radio Elvis : l’énergie électrique du rock mélancolique

Radio Elvis : l’énergie électrique du rock mélancolique  

J’ai découvert Radio Elvis le 20 avril dernier au Printemps de Bourges, plus précisément à l’Auditorium, la salle emblématique du Conservatoire de cette ville. Ce soir-là, envoutée par la mélodie qui s’entendait hors du bâtiment, je me suis dirigée vers l’intérieur. Une fois dans la salle, j’ai vu sur la scène un groupe qui dégageait une telle énergie que le public n’arrêtait pas de danser et chanter ses chansons. Après ce constat, je me suis également laissée submerger par l’univers dansant, poétique et mélancolique de Radio Elvis.

Je dois avouer que ma découverte a été tardive, car Radio Elvis est loin d’être un groupe néophyte. L’aventure musicale de Pierre Guénard (chant et guitare), Manu Ralambo (guitare électrique et basse) et Colin Russeil (batterie et claviers) a débuté en 2013, au moment où ils se sont retrouvés à Paris pour réaliser leur rêve, celui de former un groupe de Rock. En 2015 ils remportent plusieurs récompenses musicales, notamment celle du jury des INOUIS au festival du Printemps de Bourges. Les succès continuent avec leur premier album Les conquêtes, sorti en 2016, lequel a remporté une Victoire de la Musique dans la catégorie album révélation. Aujourd’hui, ils reviennent avec un deuxième album Ces garçons-là, opus qui compte 11 titres qui s’affichent comme les statuts (un manifeste d’identité) du groupe. Cet album plus personnel, et direct et sans filtre, que le précédent est aussi un parfait exemple de comment les mélodies rock peuvent s’accorder parfaitement avec des textes en français, une alchimie qu’on pensait réservée à la langue d’outre-Manche.

Vidéo Radio Elvis : Les Moissons

Interview exclusive de Radio Elvis

Nouvelles Vagues a interviewé en exclusivité deux membres du groupe : Manu Ralambo et Pierre Guénard. Actuellement en tournée, ils ont fait l’effort de nous consacrer du temps dans leur agenda surchargé pour répondre de façon individuelle à nos questions.

Nouvelles Vagues : Quand avez-vous découvert votre vocation pour la musique ? Et comment vous êtes-vous retrouvés dans cette aventure avec Radio Elvis ?

Manu Ralambo : J’ai commencé quand j’étais tout petit, j’ai appris la musique classique par le violon. Après, à l’adolescence, j’ai découvert le rock et la guitare ! J’ai appris à jouer en autodidacte, je me rappelle que je jouais dans ma chambre en écoutant Janis Joplin, Jean-Jacques Goldman … des styles musicaux très variés. Concernant mon aventure avec Radio Elvis, avant d’intégrer le groupe je connaissais déjà Colin, le batteur. C’est lui qui m’a recommandé auprès de Pierre qui à ce moment-là cherchait un bassiste dans son groupe.

Nouvelles Vagues : Vous avez composé la musique pour Ces garçons-là. Comment arrivez-vous à vous mettre d’accord au moment de créer de nouveaux thèmes ?

Manu Ralambo : On compose tous les trois, chacun a ses idées, les travaille de son côté puis on les ramène pour les retravailler ensemble. Il faut qu’on soit tous contents du résultat ; c’est ce qui fait notre originalité, on apporte tous au moment de la création, pour la musique on est tous des co-compositeurs. Pour les textes, c’est exclusivement Pierre qui s’en occupe, car ni Colin ni moi ne savons écrire (des chansons) et en plus Pierre s’en sort très bien !

Vidéo Radio Elvis : Ces garçons-là

Nouvelles Vagues : Quelle est la meilleure manière de trouver l’inspiration pour écrire une chanson : partir d’une expérience personnelle ou avoir un message à transmettre ?  

Pierre Guénard : Il n’y a pas vraiment de règle. Il s’agit surtout d’observer et de vivre pleinement. L’inspiration est dans l’air du temps. Je ne fais que mettre des mots dessus. J’interprète ce que je ressens, ce que je vis et je l’écris. Bien souvent, les mots viennent avant la pensée. C’est l’inconscient qui parle. Alors je ne découvre le sens de la chanson qu’à la fin de l’écriture et parfois même bien après la sortie du disque. 

Nouvelles Vagues : Est-ce que la mélancolie peut être aussi une émotion positive ? 

Pierre Guénard : Je ne sais pas si on peut parler de positif ou de négatif pour la mélancolie. Cela prend possession de vous et c’est comme ça. Pour moi, c’est un état qui me met hors du temps et hors du monde. J’ai la sensation de mieux voir les choses, d’y voir beaucoup plus clair lorsque je suis mélancolique. Les mots, dans ces moments-là, filent tout seuls.

Vidéo Radio Elvis : Aucun Express

Nouvelles Vagues : Dans votre concert au Printemps de Bourges, le public était extasié par la musique, il s’est installé une vraie dynamique entre vous et la salle. Etes-vous habitués à ce type de participation de la part du public ?

Manu Ralambo : Malgré le coté intime et profond des textes on arrive très bien  à se connecter avec le public. On essaie de le faire participer, être à ses côtés, le regarder de près, ce sont des moments magiques, ce type de connexion très particulier n’arrive nulle part ailleurs dans la vie. Quand les gens participent, dansent et partagent leur énergie avec nous c’est très émouvant et gratifiant, on se dit qu’on n’est pas venu pour rien !

Nouvelles Vagues : Pensez-vous que la façon d’apprécier la musique et la performance des artistes sur scène a évolué avec les nouvelles technologies ? Existe-t-il un profil défini du public de Radio Elvis ?

Manu Ralambo : Pour ma part, je n’ai pas l’habitude d’écouter des chansons  sinon des albums, c’est parce que je suis un vieux con qui continue à écouter des CD en entier ! (rires) Même avec la technologie du streaming, comme Spotify, je garde cette habitude, par contre ce qui a changé pour moi, c’est que j’écoute beaucoup plus de disques, je suis très content d’avoir cette possibilité ! Je transmets (avec ma musique) cela à notre public, ils sont généralement plus jeunes et ont la culture de zapper de morceau en morceau sur les plateformes. Actuellement l’offre musicale est énorme, c’est vrai que sur le plan culturel c’est très enrichissant, mais c’est difficile aussi car comme les jeunes zappent beaucoup, notre musique peut être facilement noyée. Par rapport à notre public, j’ai remarqué que ça se resserre surtout autour des gens qui écoutent des musiques variées, un peu comme nous, assez mélomanes et un peu pointus. On peut dire alors que notre public se compose de gens très attentifs aux textes et de l’ensemble, ils ne sont pas simplement focalisés sur un titre, un single, un tube.

Nouvelles Vagues : Vous avez joué récemment sur une des grandes scènes du Festival du Printemps des Bourges. Qu’est-ce que cela vous a fait de revenir en tant qu’artistes invités au festival où vous avez été récompensés en 2015 ? Depuis ces 4 dernières années qu’est-ce que ça a changé pour vous?

Manu Ralambo : Depuis ce temps on a fait énormément de concerts ! Je me rappelle que ce prix nous a donné plus de confiance en nous, cela a été une reconnaissance très appréciable. On sait qu’on a évolué en tant que groupe, il y a des choses que nous avons améliorées, d’autres qui restent encore à mettre au point, ce sont des étapes que nous avons franchies.

Nouvelles Vagues : Avez-vous déjà joué à l’étranger ? Comment ça se passe sur la scène internationale ?

Manu Ralambo : Nous avons déjà joué plusieurs fois à Montréal, Toronto, Ottawa, on y retourne début juillet pour une série de quatre concerts. Pourquoi on y va ? Parce que nous aimons bien la scène québécoise ! Je trouve qu’ils apprécient les textes et aussi ils ont ce côté libre et fun des Anglo–saxons, ils l’ont encore plus présent que les Américains ou les Anglais. Ils vont aux concerts pour faire la fête, pas pour rester assis à écouter la musique, cette dynamique favorise l’interaction. Quand ils ont envie de danser ils dansent, il n’y a pas besoin de les pousser !   

Vidéo Radio Elvis : Fini, fini, fini

Nouvelles Vagues : Vous êtes en tournée jusqu’à la fin de l’année. Quelles sont les prochaines dates à venir ?  

Le 15 juin on se produit au festival de Saint Etienne, le 30 juin on joue au Val de Rock Festival et après on se produit à Paris le 3 juillet pour le Festival FNAC live. Il y a dans notre tournée des grandes scènes et des petites, pour tous les goûts ! On aime les deux, pour le contact avec le public, les petites salles où on peut presque toucher le public sont géniales, mais on aime bien aussi les grands publics, quand tout le monde se met à chanter ou applaudir, c’est une énergie folle, c’est assez impressionnant, on adore !

Nouvelles Vagues : Pour finir, si vous deviez recommander 3 de vos chansons pour initier quelqu’un qui ne vous a pas encore écouté, quels seraient les titres que vous choisiriez ?  

Manu Ralambo : Pour commencer ce serait Prière perdue, c’est un morceau qu’on a enregistré en studio en live d’une seule prise, pour rendre de l’énergie rock sur le disque. On considère que c’est la chanson la plus rock, mais paradoxalement elle n’a pas de guitare.

Vidéo Radio Elvis : Prière perdue

Bouquet d’immortelles, c’est un des morceaux les plus intimes au niveau des textes et de la façon que nous l’avons jouée, c’est aussi un morceau qu’on a enregistré d’un seul trait, sans montage et avec un éclairage à la bougie.

Vidéo Radio Elvis : Bouquet d’immortelles

Pour finir 23 minutes, c’est le morceau qu’on adore, hyper énergique, il y a la guitare, il y a des rifs et les refrains, bref, il a tout !

Vidéo Radio Elvis : 23 minutes

 

Pour plus d’informations :

Site Officielle Radio Elvis : https://www.radioelvis.fr/

Site FNAC Live: https://www.fnac.com/fnaclive

Delia Arrunategui

@arrunategui22

« Sensation de [doux] vide »

Krollan En ce jeudi 21 février 2019, Thélia, accompagnée par ses amies Zoé, au piano, et Emilie, à la guitare, monte sur la scène de la cafet. Dans le public, sa fan base est animée et ça fait plaisir à voir ! Ses ami.e.s sont venu.e.s la soutenir pour son premier concert. Le stress est palpable, l’émotion aussi !

Lire la suite « Sensation de [doux] vide »

Le récit d’une soirée d’hiver atypique

Deux dates de concert, deux sensibilités, deux partages d’une découverte de la musique classique :  retour d’expérience par Delia Arrunategui.

Lire la suite Le récit d’une soirée d’hiver atypique

Le concert commenté, leçon de musique classique

Deux dates de concert, deux sensibilités, deux partages d’une découverte de la musique classique :  retour d’expérience par Adrien Chupin.

Lire la suite Le concert commenté, leçon de musique classique

TROPICAL’ LAB

Marie Desalle & Julie Guenot | Pour cette première édition le festival Tropical Lab’ a fait appel à Emile Omar pour le Warm-up, Samy Thiebault, Bibi Tanga, Roberto Fonseca et Joe Claussel pour la programmation. Le spectacle débute vers 20 heures dans la mythique salle de La Cigale dans le 18e arrondissement.

Lire la suite TROPICAL’ LAB

Gaël Faye dévoile « Des fleurs » : du pimenté au parfumé, retour sur une découverte artistique

Crédits Sterenn B. (Twitter @S1teSte)

Adrien Chupin | C’est l’histoire de l’admiration pour un artiste qui grandit sans cesse. Pas la fascination crédule d’une groupie, mais bien l’émerveillement révérencieux d’un observateur conquis. 

Loin d’être originale, ma première rencontre avec Gaël Faye s’est faite au travers du regard du jeune Gabriel sur son Petit Pays. Du fond de son impasse à Bujumbura il assiste à la montée des tensions entre Hutus et Tutsis qui mèneront au génocide et vit ce drame insensé de sa position d’enfant. Entre le Rwanda et le Burundi, entre sa famille et ses copains, il témoigne de l’absurdité d’une tragédie inhumaine. Ce premier roman, s’il n’est pas autobiographique, est très fortement imprégné de l’identité de son auteur. Ses récompenses au prix Goncourt des lycéens et au prix du roman Fnac en 2016, au-delà du fait qu’elles soient amplement méritées tant son écriture limpide rend accessible à tous la cruauté de l’ethnocide rwandais, ont jeté un énorme coup de projecteur sur une carrière musicale qui, je l’espère, n’en est qu’au préambule.

C’est souvent une actualité brûlante, telle que ces prix, qui porte à nos oreilles l’existence d’un artiste. Puis s’il arrive à nous interpeller assez profondément, on remonte le fil, on creuse son passé. J’ai ainsi découvert que Gaël Faye était rappeur, qu’avant d’organiser ses mots dans un livre, il les martelait sur une instru. J’ai découvert son EP tout fraîchement publié, puis son premier album solo sorti cinq ans avant et enfin ses premières expériences musicales avec Suga (de son vrai nom Edgar Sekloka, par ailleurs ancien étudiant à Paris 3) et leur groupe : Milk Coffee and Sugar. C’est bien entendu Gaël Faye qui se cache derrière ce Milk Coffee, le même qui raconte sur son premier album la rencontre du piment et du croissant au beurre qui lui donnèrent naissance. Ce métissage est une inspiration, il fait sa personnalité.

Une fois charmé par ce talent on en devient presque asservi et par quelque moyen que ce soit (ou plutôt par quelque réseau social que ce soit), on reste accroché à son actualité, scrutant l’annonce d’un nouveau projet. C’est donc l’enthousiasme qui prédomine lorsque j’apprends que ma nouvelle idole a fait de son livre un spectacle musical. Y assister est autant une nécessité qu’une curiosité.

Quelques obstinés ont ce soir-là eu droit à un riche échange, une demi-heure après les derniers applaudissements alors qu’encore résonnait en tous l’enfance de Gabi en son petit pays. La disponibilité et l’authenticité de l’artiste ont séduit ceux qui avaient bien voulu prolonger cette soirée au Jardin de Verre (du nom de la charmante salle choletaise), ils ont d’ailleurs pu en profiter pour se faire dédicacer le roman en question. La chaleur de sa voix et la sincérité de ses mots mettaient rapidement à l’aise. Il nous confiait sans les dévoiler ses nouveaux projets musicaux, s’avouait en pleine réflexion vis-à-vis de son art, évoquait son besoin d’écriture pour comprendre ce qu’il a en lui.

Ceux qui avaient déjà été touchés par le roman auront certainement pris plaisir à en redécouvrir les sensations. Et pour ceux qui n’avaient pas encore ouvert le livre, quoi de mieux que de se le faire conter par la voix de celui qui en a tenu la plume. La simplicité de la mise en scène n’en mettait que plus en valeur les extraits justement choisis. Par sa guitare, ses chants et sa participation aux dialogues, Samuel Kamanzi* apportait ce qu’il fallait de répondant ou de mélodie pour donner une dimension sonore au texte. A l’instar du livre, le spectacle se conclut sur une note de chaleur et d’espoir. Et le Jardin de Verre de faire trembler ses cordes vocales pour saluer la performance des deux rwandais, enfants des grands lacs africains. Ne restait plus aux spectateurs qu’à s’envoler pour une bière à Kigali, afin d’honorer l’invitation du rappeur à la mixité assumée.


Crédits Ameline Vildaer (Instagram amelinevil)

Une seule frustration qui sera éclipsée quelques mois plus tard : n’avoir vu que l’auteur sans le rappeur, ne pas avoir eu droit aux rythmes et aux rimes qui m’extasient chaque fois que je les entends. Le festival des Z’Ecléctiques s’y prête parfaitement. En ouverture, Gaël Faye se retrouve principalement face à un public de non-initiés. Il offre un aperçu de sa jeune discographie, son Fils du hip-hop fait se balancer les têtes, son Paris Métèque fait s’écarquiller les yeux. De sa trompette Guillaume Poncelet habille de dynamisme les paroles de son compère sur Ma femme, puis fait trembler d’émotion l’auditoire lorsqu’à la fin d’Irruption, il exécute son solo magistral. Quelques inédits sont au rendez-vous, de quoi mettre l’eau à la bouche. La prestance scénique est indéniable et apporte une réelle dimension live à ses morceaux. Pas étonnant qu’il ait été auréolé de la Révélation scène aux Victoires de la Musique 2018. https://youtu.be/9i4n6FVhhvc

Vers l’éclosion

La carrière de Gaël Faye, celle de rappeur, est bien lancée désormais et il y a fort à parier que l’immense succès de Petit Pays y ait joué son rôle. Ce roman l’a mené vers un nouveau public, beaucoup plus large que celui qui avait connaissance de son premier album solo (Pili Pili sur un croissant au beurre) et a pu faire reconnaître à un grand nombre ses talents de rappeur. Les cinq chansons de son EP sorti à l’été 2017, Rythmes et Botanique, sont toutes délicieuses à écouter, l’écriture y est impressionnante d’exactitude et les thèmes abordés, entre un hommage à Paris, une ode à la liberté et un appel à l’insurrection, interpellent la conscience de l’auditeur et font appel à sa sensibilité grâce à une poésie lumineuse.

L’exigence est fonction croissante du temps et l’artiste doit surprendre ceux qui déjà sont acquis à ses mots s’il veut les combler. L’attente était grande, portée par l’envie d’entendre sous sa voix des textes nouveaux et différents. Sorti le 2 novembre dernier, « Des fleurs » est la réponse idéale de Gaël Faye aux oreilles assoiffées de poésie et de mélodie des rêveurs attentifs.

Cet EP est un petit bouquet. Cinq fleurs hétéroclites, qui forment une inexplicable harmonie. Elles ont mis du temps à fleurir, plus d’un an depuis ses premiers essais en botanique déjà très concluants. Et qu’elles sont belles une fois écloses, que leurs couleurs sont vives. Une passiflore qui transpire dans une chaude nuit brésilienne. Une rose noire, de la couleur du sang froid d’une séduisante assassine. Une rose trémière sur un trottoir au pied d’un mur, asphyxiée. Mais robuste, elle s’offusque. Une fleur exotique glissée dans des cheveux qui invite à se trémousser. Puis la dernière des fleurs. Celle qui meurt « de la folie des hommes et de la furie des éléments ». Celle qui condamne le recul de la nature dans nos vies. Celle qui représente le message du parolier.

Plus que l’hétérogénéité d’un artiste qui se cherche, c’est la diversité de l’artiste qui explore.

Alors que sa tournée s’est conclue en apothéose à l’Olympia le 5 décembre dernier**, Gaël Faye, au sommet de sa jeune carrière, multiplie les projets : il prête sa voix au Kongo de Kolinga, il a récemment accompagné Ibeyi sur scène**, il assiste pendant neuf mois de jeunes artistes en tant que parrain du Levi’s Music Project. Puis au-delà de la musique, il pose sa chaude voix sur les mots précis et précieux de René Depestre, en compagnie du poète sur un CD paru en novembre. Et il n’excluait pas lors de notre bref échange, de s’essayer de nouveau à la littérature après l’immense succès de son Petit Pays, ce qu’il a confirmé récemment en interview.

Celui qui un jour se morfondait dans son bureau, vit désormais de ses mots. Ceci est un appel à la propagation du talent d’un génie de la formulation.

Crédits Ameline Vildaer (Instagram amelinevil)

* Samuel Kamanzi est un chanteur et musicien rwandais, il avait déjà collaboré avec Gaël Faye sur son premier album

** Ces concerts sont disponibles en intégralité sur culturebox.francetvinfo.fr