Archives pour la catégorie Arts & cultures

L’art fédérateur : Du Mexique à Paris des artistes unis pour une bonne cause

Delia Arrunategui | @arrunategui22 | L’ONG mexicaine Manos manchadas de Pintura, le collectif d’artistes Rivoli 59 et la Maison de ventes aux enchères Morton, organisent une collecte pour venir en aide aux enfants victimes de la guerre contre les « Narcos » au Mexique.

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Des féministes reviennent sur le mouvement #Metoo

Laura Remoué | A l’occasion de la sortie du livre Cours petite fille !, de nombreuses féministes se sont réunies à la Librairie des femmes pour revenir sur le mouvement Me too. Lire la suite Des féministes reviennent sur le mouvement #Metoo

Culpabilité et préméditation

Albien GAKEGNI| La pensée précède souvent l’acte. L’idée est le plan qui permet à l’intention d’exister, et non pas le contraire. Cependant, d’où vient l’idée ? Qu’est ce qui en est l’auteur ? L’idée, est-ce un besoin ou l’imminente suprématie de la nature en l’homme?

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TROPICAL’ LAB

Marie Desalle & Julie Guenot | Pour cette première édition le festival Tropical Lab’ a fait appel à Emile Omar pour le Warm-up, Samy Thiebault, Bibi Tanga, Roberto Fonseca et Joe Claussel pour la programmation. Le spectacle débute vers 20 heures dans la mythique salle de La Cigale dans le 18e arrondissement.

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Michael Jackson – On the Wall

Julie Guenot  | L’exposition du Grand Palais, du 23 novembre 2018 au 14 février 2019, rend hommage au Roi de la Pop, disparu il y a dix ans. Elle montre l’impact culturel qu’a eu Michael Jackson au début de sa carrière dans les années 80 et qu’il possède toujours aujourd’hui car de nombreux artistes continuent d’admirer son art.

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Gaël Faye dévoile « Des fleurs » : du pimenté au parfumé, retour sur une découverte artistique

Crédits Sterenn B. (Twitter @S1teSte)

Adrien Chupin | C’est l’histoire de l’admiration pour un artiste qui grandit sans cesse. Pas la fascination crédule d’une groupie, mais bien l’émerveillement révérencieux d’un observateur conquis. 

Loin d’être originale, ma première rencontre avec Gaël Faye s’est faite au travers du regard du jeune Gabriel sur son Petit Pays. Du fond de son impasse à Bujumbura il assiste à la montée des tensions entre Hutus et Tutsis qui mèneront au génocide et vit ce drame insensé de sa position d’enfant. Entre le Rwanda et le Burundi, entre sa famille et ses copains, il témoigne de l’absurdité d’une tragédie inhumaine. Ce premier roman, s’il n’est pas autobiographique, est très fortement imprégné de l’identité de son auteur. Ses récompenses au prix Goncourt des lycéens et au prix du roman Fnac en 2016, au-delà du fait qu’elles soient amplement méritées tant son écriture limpide rend accessible à tous la cruauté de l’ethnocide rwandais, ont jeté un énorme coup de projecteur sur une carrière musicale qui, je l’espère, n’en est qu’au préambule.

C’est souvent une actualité brûlante, telle que ces prix, qui porte à nos oreilles l’existence d’un artiste. Puis s’il arrive à nous interpeller assez profondément, on remonte le fil, on creuse son passé. J’ai ainsi découvert que Gaël Faye était rappeur, qu’avant d’organiser ses mots dans un livre, il les martelait sur une instru. J’ai découvert son EP tout fraîchement publié, puis son premier album solo sorti cinq ans avant et enfin ses premières expériences musicales avec Suga (de son vrai nom Edgar Sekloka, par ailleurs ancien étudiant à Paris 3) et leur groupe : Milk Coffee and Sugar. C’est bien entendu Gaël Faye qui se cache derrière ce Milk Coffee, le même qui raconte sur son premier album la rencontre du piment et du croissant au beurre qui lui donnèrent naissance. Ce métissage est une inspiration, il fait sa personnalité.

Une fois charmé par ce talent on en devient presque asservi et par quelque moyen que ce soit (ou plutôt par quelque réseau social que ce soit), on reste accroché à son actualité, scrutant l’annonce d’un nouveau projet. C’est donc l’enthousiasme qui prédomine lorsque j’apprends que ma nouvelle idole a fait de son livre un spectacle musical. Y assister est autant une nécessité qu’une curiosité.

Quelques obstinés ont ce soir-là eu droit à un riche échange, une demi-heure après les derniers applaudissements alors qu’encore résonnait en tous l’enfance de Gabi en son petit pays. La disponibilité et l’authenticité de l’artiste ont séduit ceux qui avaient bien voulu prolonger cette soirée au Jardin de Verre (du nom de la charmante salle choletaise), ils ont d’ailleurs pu en profiter pour se faire dédicacer le roman en question. La chaleur de sa voix et la sincérité de ses mots mettaient rapidement à l’aise. Il nous confiait sans les dévoiler ses nouveaux projets musicaux, s’avouait en pleine réflexion vis-à-vis de son art, évoquait son besoin d’écriture pour comprendre ce qu’il a en lui.

Ceux qui avaient déjà été touchés par le roman auront certainement pris plaisir à en redécouvrir les sensations. Et pour ceux qui n’avaient pas encore ouvert le livre, quoi de mieux que de se le faire conter par la voix de celui qui en a tenu la plume. La simplicité de la mise en scène n’en mettait que plus en valeur les extraits justement choisis. Par sa guitare, ses chants et sa participation aux dialogues, Samuel Kamanzi* apportait ce qu’il fallait de répondant ou de mélodie pour donner une dimension sonore au texte. A l’instar du livre, le spectacle se conclut sur une note de chaleur et d’espoir. Et le Jardin de Verre de faire trembler ses cordes vocales pour saluer la performance des deux rwandais, enfants des grands lacs africains. Ne restait plus aux spectateurs qu’à s’envoler pour une bière à Kigali, afin d’honorer l’invitation du rappeur à la mixité assumée.


Crédits Ameline Vildaer (Instagram amelinevil)

Une seule frustration qui sera éclipsée quelques mois plus tard : n’avoir vu que l’auteur sans le rappeur, ne pas avoir eu droit aux rythmes et aux rimes qui m’extasient chaque fois que je les entends. Le festival des Z’Ecléctiques s’y prête parfaitement. En ouverture, Gaël Faye se retrouve principalement face à un public de non-initiés. Il offre un aperçu de sa jeune discographie, son Fils du hip-hop fait se balancer les têtes, son Paris Métèque fait s’écarquiller les yeux. De sa trompette Guillaume Poncelet habille de dynamisme les paroles de son compère sur Ma femme, puis fait trembler d’émotion l’auditoire lorsqu’à la fin d’Irruption, il exécute son solo magistral. Quelques inédits sont au rendez-vous, de quoi mettre l’eau à la bouche. La prestance scénique est indéniable et apporte une réelle dimension live à ses morceaux. Pas étonnant qu’il ait été auréolé de la Révélation scène aux Victoires de la Musique 2018. https://youtu.be/9i4n6FVhhvc

Vers l’éclosion

La carrière de Gaël Faye, celle de rappeur, est bien lancée désormais et il y a fort à parier que l’immense succès de Petit Pays y ait joué son rôle. Ce roman l’a mené vers un nouveau public, beaucoup plus large que celui qui avait connaissance de son premier album solo (Pili Pili sur un croissant au beurre) et a pu faire reconnaître à un grand nombre ses talents de rappeur. Les cinq chansons de son EP sorti à l’été 2017, Rythmes et Botanique, sont toutes délicieuses à écouter, l’écriture y est impressionnante d’exactitude et les thèmes abordés, entre un hommage à Paris, une ode à la liberté et un appel à l’insurrection, interpellent la conscience de l’auditeur et font appel à sa sensibilité grâce à une poésie lumineuse.

L’exigence est fonction croissante du temps et l’artiste doit surprendre ceux qui déjà sont acquis à ses mots s’il veut les combler. L’attente était grande, portée par l’envie d’entendre sous sa voix des textes nouveaux et différents. Sorti le 2 novembre dernier, « Des fleurs » est la réponse idéale de Gaël Faye aux oreilles assoiffées de poésie et de mélodie des rêveurs attentifs.

Cet EP est un petit bouquet. Cinq fleurs hétéroclites, qui forment une inexplicable harmonie. Elles ont mis du temps à fleurir, plus d’un an depuis ses premiers essais en botanique déjà très concluants. Et qu’elles sont belles une fois écloses, que leurs couleurs sont vives. Une passiflore qui transpire dans une chaude nuit brésilienne. Une rose noire, de la couleur du sang froid d’une séduisante assassine. Une rose trémière sur un trottoir au pied d’un mur, asphyxiée. Mais robuste, elle s’offusque. Une fleur exotique glissée dans des cheveux qui invite à se trémousser. Puis la dernière des fleurs. Celle qui meurt « de la folie des hommes et de la furie des éléments ». Celle qui condamne le recul de la nature dans nos vies. Celle qui représente le message du parolier.

Plus que l’hétérogénéité d’un artiste qui se cherche, c’est la diversité de l’artiste qui explore.

Alors que sa tournée s’est conclue en apothéose à l’Olympia le 5 décembre dernier**, Gaël Faye, au sommet de sa jeune carrière, multiplie les projets : il prête sa voix au Kongo de Kolinga, il a récemment accompagné Ibeyi sur scène**, il assiste pendant neuf mois de jeunes artistes en tant que parrain du Levi’s Music Project. Puis au-delà de la musique, il pose sa chaude voix sur les mots précis et précieux de René Depestre, en compagnie du poète sur un CD paru en novembre. Et il n’excluait pas lors de notre bref échange, de s’essayer de nouveau à la littérature après l’immense succès de son Petit Pays, ce qu’il a confirmé récemment en interview.

Celui qui un jour se morfondait dans son bureau, vit désormais de ses mots. Ceci est un appel à la propagation du talent d’un génie de la formulation.

Crédits Ameline Vildaer (Instagram amelinevil)

* Samuel Kamanzi est un chanteur et musicien rwandais, il avait déjà collaboré avec Gaël Faye sur son premier album

** Ces concerts sont disponibles en intégralité sur culturebox.francetvinfo.fr

Le temps et le changement

[Albien Gakegni nous propose une réflexion mêlant temps et conscience humaine collective]

Parlez-moi de l’Histoire. Énumérez les plus grands événements frappants de l’humanité les uns après les autres, mais pas un mot sur la durée, ni sur les êtres disparus sur l’étendue terrestre.

Par « temps » on entend bien l’instant, le moment, la période et la durée. Le concept de temps est clairement ce qui nous nous échappe simplement. Je parle de nous en tant que conscience humaine collective, même si quelques individualistes présumés et libertins s’estiment loin de ce cadre.

J’ai envie de dire que moi aussi je sais ce qu’est le temps. Mais cette notion s’éloigne de l’homme au fur et à mesure qu’il l’approche. Les manuels de grammaire et de conjugaison nous ont appris à nous conformer à des idées déjà toutes construites, des éléments qui nous auront permis simplement de différencier ce qui se passe maintenant et ce qui s’est passé hier, de ce qui se passera dans l’avenir. Un futur qui demeure un espace assez opaque et aussi sombre qu’est le sens même qu’on donne au présent.

Les esprits-bibliothèques qui sont devenus des librairies ambulantes par souci de prestige et par besoin du siècle, nous condamnent à rester au seuil du désir de compréhension. Le simple mot quête nous est aussi retiré semble-t-il par incapacité à pouvoir mener à bien une lourde tâche. Quelque chose nous échappe. Il y a toujours un désir qui nous maintient prisonnier de sa préoccupation. Voilà qui change le cours de la vie. Voilà comment ce qu’on appelle le temps devient multiforme.

Le jour de la satisfaction de ce désir non-exprimé clairement, l’homme aura comme impression d’avoir vécu son temps. Mais tant que la brûlure continuera à creuser notre intérieur, notre temps restera fractionné et partagé entre réalité et imagination. Et comme le temps s’accélère dans notre esprit à un rythme plus rapide que dans la réalité physique, le processus est aussi précipité au point où loin de le désirer encore, l’homme possède déjà l’objet. Ce n’est qu’en essayant de pénétrer derechef dans l’univers cosmique et de s’identifier aux autres qu’il se rendra compte de sa téléportation vers un autre univers temporel, totalement différent de ce qu’il partage avec ceux qui l’entourent. Et ce déséquilibre qui surgit aussitôt en lui sera défini comme un mal de vivre : le fait de réaliser qu’il ne peut avoir de conformité entre l’intérieur et l’extérieur d’une même personne.

Albien Gakegni

time symbol in a man's head...
photo illustrant l’article du Huffingtonpost suivant lien ci-après

https://www.huffingtonpost.fr/virginie-van-wassenhove/temps-cerveau_b_2924324.html

Irène Llorens : une histoire de souffrance et d’art

Une interview d’Albien Gakegni | Il y a quelques années cette jeune femme a appris qu’elle était atteinte d’une maladie qui pouvait l’emporter à tout moment. Prise d’angoisse, elle décida de s’enfermer dans une espèce de bulle, peut-être pour le restant de sa vie. Mais à la grande surprise de l’émotion et de la douleur qui la rongeait, un jour elle se mit à peindre. Des tableaux abstraits qui lui faisaient partager à la fois l’expérience de sa vie intérieure avec les personnes proches, et le ressenti qu’elle avait désormais vis-à-vis de ce que pouvait encore représenter l’avenir pour elle. Irène a accepté d’accorder une interview à un de nos rédacteurs sur son lieu de travail à Drancy.

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