Archives pour la catégorie Rubrique Coeur

TROUVER L’AMOUR SUR « ADOPTE UN MEC » ?

M.L., le 04/04/14

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Vous connaissez ses publicités, promettant barbus et intellos ; sa réputation, en faisant un « repère à plans Q » ; et quelques-uns de ses adeptes, des amis qui se sont inscrits par curiosité. En effet à force d’en entendre parler on peut être tenté de s’inscrire, et moi j’ai décidé de mettre de côté mes préjugés sur les sites de rencontre et d’aller voir ce que ça apporte.

Le site se vante de faire des filles les reines, principe alléchant et effectivement appliqué. Alors certes les clichés deviennent réalité, des quinquagénaires te « charment » (=veulent te draguer) ; de jeunes puceaux te demandent de but en blanc si « tu l’as déjà fait » ; et certaines entrées en matière sont maladroites : « t’es craquante toi, faut absolument qu’on apprenne à se connaître 😉 ». Mais je passe ce chemin ponctué de cas sociaux et me concentre sur la crème de la crème, je me lance à la recherche de la perle rare. Rares sont ceux qui affirment être là pour une raison bien précise, et pourtant il semble évident que l’on espère tous profiter de LA rencontre inattendue, avoir la bonne surprise de rencontrer quelqu’un de bien. Il suffit de voir l’ouverture d’esprit et la bonne humeur qui règnent, les inscrits ne sont pas là par hasard et savent que positiver leur ouvrira beaucoup de portes.

Alors j’accepte de discuter avec des garçons à la description amusante (« 1m78 quand je m’étire bien le matin ») ou intéressante (livre favori : Mort à crédit), même si la photo est prise de loin et qu’il est impossible de jauger leur physique. Pour ma part plus de discussions que de rencontres, j’ai accepté de voir un seul garçon, parce que si les filles sont reines au départ, elles doivent vite faire leurs preuves ! Une copine a examiné à la loupe sa photo et l’a prédit « aux oreilles décollées et au gros nez », petite appréhension avant le rendez-vous donc, mais de l’excitation surtout, parce que rien ne nous lie et l’inconnu fascine. Au moment où je vois ce grand brun en chemise arriver vers moi, je comprends instantanément les millions d’inscrits sur les sites de rencontre, à la recherche de leur idéal, et j’oublie la réputation craignos et honteuse de cette démarche. D’autant que le fameux feeling est bien présent, je me sens terriblement chanceuse et le sentiment doit être réciproque puisqu’on se revoit. 6 fois. Mais rien ne se passe, ne voyant aucune initiative de sa part je prends les devants, au 5ème rendez-vous je tente un rapprochement et je me prends un vent. Tout de suite mes copines le qualifient de « gai », « pas net », voire « puceau », il ne tentera jamais de se rattraper et ici se termine cette histoire.

Sur le site personne n’est sincère en ce qui concerne sa quête, ou personne ne le sait vraiment. Lui disait vouloir juste « profiter de la vie » mais espérait en fait tomber sur LA fille, à qui il pourrait instantanément faire confiance, qui provoquerait un « déclic » en lui et avec qui fonder une longue relation (de grandes ambitions à 20 ans). Nos rôles se sont inversés et j’ai compris ce que moi je voulais, mais aussi que je le trouverais pas sur un site, qui enlève tout le naturel des rencontres.

Sur le plan amoureux, Adopte a peu de chance de vous apporter votre idéal, mais sur le plan social vous tomberez sur des « spécimens » fascinants et croyez-moi se laisser porter au gré des profils vous changera bien les idées.

La BU, lieu de drague potentiel? Essai de sociologie documentaire.

Lubsa, le 17/03/12

Lançons-nous sur les sujets libidineux… Sans couper avec nos préoccupations intellectuelles: ne s’agit-il pas de donner un autre sens à un lieu quotidien dont la norme est le travail, l’emprunt de document, le photocopillage… D’aborder sous un autre angle, radicalement différent, ce temple de l’intellect? Par contre-réaction aux décharges neuronales, on peut émettre l’hypothèse que les hormones s’y activent elles aussi:

« N’est-il/elle pas trop sexy le mec/la fille là-bas, troisième rangée quatrème place, avec le gradius des termes littéraires? »

Penchés sur nos ouvrages, notre implication personnelle émotive dans les stratégies de management/ l’analyse du discours/ la traductologie appliquée ont leurs limites, et quoi de mieux pour se distraire qu’un petit repérage du potentiel de séduction des membres aux alentours, suivis de quelques regards en coin – ou « oeillade za la dérobée ». Mais cela va-t-il plus loin? Drague-t-on encore dans les bibliothèques universitaires? Si oui, comment?

(Encore: et oui, c’est fini l’époque ou l’on mettait sa carte dans sa lampe à Sainte-Geneviève pour signaler son célibat… Mais tout phénomène libidineux a-t-il cessé pour autant? )

On pourrait penser que la bibliothèque universitaire n’est pas un terrain propice à l’abordage. Il faut pourtant remarquer qu’elle fournit une réserve de sujets de conversation que l’on peut difficilement trouver ailleurs. Dans un bar, pensons-y, la tâche est moins bien aisée; au-delà du « tu viens souvent dans ce bar? »/ « ah, toi aussi tu as pris du jus de goyave »/ et « t’étais pas là pour la soirée électro? ». Seuls les séducteurs expérimentés parviennent à donner dans le subtile-désintéressé. A la BU, en revanche on peut discrètement observer les livres posés sur la table de la personne, dresser son profile, et trouver un sujet susceptible de l’intéresser, on peut même draguer par siècles étudiés ou domaines de compétences:

« Ah , tiens, tu étudies le <em>Roman d’Alexandre</em>? C’est trop frais! Si je peux te conseiller la note de la page 42 de l’édition de… »

Comme les études universitaires nous rassemblent dans des amphis, ou des cours divers de semestres en semestres à visages toujours différents, on peut aussi tenter le:

« Ah, salut, t’étais pas en cours de N.LHIUK au premier semestre? Non, parce que je sais pas toi, mais j’ai jamais récupéré ma copie… »

Ou encore demander conseils relatifs aux divers instruments dont est équipée la BU, de façon plus ou moins sophistiquée:

« Hè, s’te plait; ça sonne quand je prends un bouquin, on fait comment pour l’emprunter? (attention à ne pas vous discrédibiliser) / Tu connais un peu le logiciel virtuose, parce que je ne l’ai jamais utilisé et j’appréhende un peu de vivre ça seul(e)?/ Tu sais comment on fait pour se connecter à la WIFI (enfin, ça, c’est pas forcément de la drague, parce que même à bac +5, ça reste très technique, l’accès au wifi)*? »

Pour une démarche d’envergure, nous pouvons conseiller le très osé:

« Je suis désolée, en fait, je n’ai plus de place sur ma carte, et il me faut à tout prix ce précis de morphosyntaxe parce que je passe l’agreg et c’est dans huit mois… Est-ce que tu pourrais le mettre sur ta carte? Je t’assure je le ramène demain, c’est juste pour commencer à ficher les premiers chapitres ce soir »

Bref, La BU est potentiellement un excellent lieu de drague. Là-dessus, la sociologie nous donne raison: publique, mais réservée surtout aux étudiants, elle se constitue en espace semi-privé ; ceux qui s’y rencontrent ne peuvent être frappés que par la digonale du coup de foudre, celle qui pousse à tomber statistiquement amoureux des gens de sa « classe », en l’occurrence, de son coin de table.

Des anecdotes à ce sujet? J’attends vos commentaires! 

* Vous pouvez aussi tenter d’aborder les jeunes universitaires employés à l' »infomobile ».

+ Si vous voulez d’autres articles « intello-futile »: www.lubsa.wordpress.com