Archives pour la catégorie Société

L’art fédérateur : Du Mexique à Paris des artistes unis pour une bonne cause

Delia Arrunategui | @arrunategui22 | L’ONG mexicaine Manos manchadas de Pintura, le collectif d’artistes Rivoli 59 et la Maison de ventes aux enchères Morton, organisent une collecte pour venir en aide aux enfants victimes de la guerre contre les « Narcos » au Mexique.

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Paris à vélo

Première chronique de Cecile Ferricelli-Camart sur la vie urbaine, ses améliorations et ses habitants.

Projet d’aménagements rue Rivoli (Paris)
Crédits Cécile Orsinger – diffusion sur France 3 Ile-de-France

Se déplacer à vélo dans Paris ? Trop dangereux ! Paris est moins largement réputée qu’Amsterdam ou Copenhague, nos voisins écolo-pratiques, pour ses vastes artères cyclables aux vues imprenables. Pourtant, en deçà d’un trafic parisien quotidiennement turbulent et souvent anxiogène pour ses utilitaires, le choix du vélo ne paraît plus si invraisemblable.

Les trajets journaliers du très célèbre cercle « métro-boulot-dodo » de la région parisienne sont très amplement considérés comme une obligation pénible, répétitive et souvent bien trop longue pour les étudiants et travailleurs de la ville. Combien de fois nos collègues arrivent en retard et déjà fatigués à cause des imprévus d’un trafic sur-bondé ?

Ces trajets génèrent du stress, déjà parce qu’ils façonnent notre mode de vie en écourtant nos nuits par exemple, puis parce que chacun subit les aléas de la cohabitation du trafic (conduite frénétique des autres utilisateurs, ralentissements, problèmes techniques, renfermement, foule…).

Ces allers-retours ont des conséquences sur notre comportement, notre humeur et surtout, sur notre productivité. De plus en plus, ces trajets constituent des problématiques à prendre en compte pour les employeurs à charge de garantir le bien-être professionnel de leurs employés.

Aussi, les mécanismes de cette habitude à utiliser les transports et le peu de visibilité quant aux alternatives à cette source de mauvaise humeur ne nous permettent pas d’envisager notre quotidien autrement. Certains d’ailleurs ne le pourraient pas, compte tenu du nombre de travailleurs et d’étudiants qui vivent extra-muros. Pourtant, depuis 2015 la mairie de Paris agit activement en faveur du « Plan vélo » qui vise à élargir considérablement un réseau REVe (réseau express vélo) afin de faire de la capitale, d’ici 2020, une semblable de nos voisins bicyclophiles nordiques.

Plus sérieusement, devenir un usager de ce deux-roues possède plusieurs avantages. Pour les étudiants tout juste arrivés à Paris, les turbulences et l’enfermement des transports en commun peuvent désorienter et désamorcer l’enthousiasme de démarrer une nouvelle vie au sein du cœur culturel français.

Pourtant, aller à la fac à vélo est un excellent moyen de découvrir la ville, ses grands axes et ses rues retranchées. On s’approprie la ville d’une autre manière, par un trajet plus libre, plus authentique, plus stimulant et enfin, plus personnel que l’expérience d’une énième lassitude entre un point A et le point B.

On pourrait penser que prendre son vélo signifie prendre du retard, pourtant les dispositions des bandes cyclables permettent des trajets mieux disposés à nous amener directement à notre destination en opposition aux lignes de métro qui desservent plusieurs arrêts éparses avant de nous guider vers la direction souhaitée. D’ailleurs, beaucoup d’étudiants sont obligés de faire un ou plusieurs changements et d’espérer n’avoir que peu de temps à attendre entre deux lignes. Le vélo récupère ce temps d’attente et plus encore, quoi qu’il soit soumis à la signalisation urbaine. Le cycliste est autonome bien qu’il prenne évidemment en considération l’intensité du trafic. Alors qu’il se doit d’être absolument vigilant aux mouvements des divers usagers cette autonomie peut être source de bien être. Aussi, on ne peut affirmer, sans rappeler une évidence, que le vélo est une activité physique et sportive. Toutefois, pratiquer une activité physique avant de se rendre à la fac favorise un (re)gain d’énergie. Elle diminue les fatigues passagères, permet une meilleure digestion et façonne une posture propice au travail grâce aux muscles préalablement stimulés.

Les quelques vélos rangés aux abords de la fac sont la preuve de cette prise de conscience encore difficilement palpable. Pourtant, la forme des cyclistes s’évalue aussi sur la déconstruction du stress généré par les transports. Beaucoup choisissent le vélo parce qu’il est une issue aux personnes sujettes à la claustrophobie ou à l’agoraphobie. L’appréciation du paysage parisien, la sensation de pouvoir respirer à plein poumons – une fois le pot échappement du camion au feu rouge éloigné, et la prise en charge manuelle, renouvelable du trajet cyclable sont des éléments constitutifs d’un soulagement réparateur. Ces trajets en plein air peuvent motiver et unifier notre bien être, notre confiance, voire…notre fierté !

En effet, l’utilisation des bicyclettes est un acte écologique. Les étudiants forment la génération encline aux formes d’actions en faveur du développement durable et de la lutte contre la pollution et autres maux dévastateurs pour la planète. Le vélo, la trottinette ou encore le skate s’ancrent dans une cohésion pérenne de transport, valorisant un mode de vie sain et respectueux de la nature. Prendre son vélo revêt toujours, un aspect, même moindre, de militantisme pratique et bienveillant à tous les égards.

En quoi, l’utilisation de notre bolide non motorisé peut être englobé d’une philosophie de vie épicurienne, en accord avec notre corps et les enjeux de la société contemporaine. Pourquoi attendre ?

Au final, la majorité des étudiants utilisent les transports en commun qu’ils jugent inévitables au regard de la distance entre leur appartement et la faculté. D’autres arrivent à trouver leur compte au sein des nuisances en effectuant de micros siestes pendant le temps de trajet. Ce que l’on retient, c’est que beaucoup n’envisagent pas le vélo comme une possibilité même si celle-ci peut s’avérer être réelle dans certains cas.

En effet, le temps grisonnant emblématique de la capitale n’encourage pas les promenades à vélo. Aussi, les métro-addicts craignent la porosité des pistes cyclables souvent partagées avec les bus et les taxis. Ils ne font pas confiance à la conduite des autres passagers et redoutent de ne pas être visibles sur le trafic. On peut concéder que le statut du cycliste est souvent appréhendé par les autres comme un usager troublant, imprévisible, circulant à mi-chemin avec la signalisation des piétons et celle des voitures.

Toutefois, pour pallier l’ambiguïté, le projet « Paris à vélo » prévoit, justement, une réglementation du trafic davantage sécurisée et plus fidèle à la diversité de ses usagers. Le projet contient notamment l’aménagement des rues à double-sens cyclables pour « favoriser des trajets plus courts et plus sûrs ». Cette innovation, corrélée à la mise en place de nouvelles grandes pistes cyclables assurent la mise en circulation de nouveaux panneaux de signalisations propices à un partage de la route mieux équilibré. L’envergure de ses actions explicite évidemment la veine écologique de ce projet.

Depuis 2015, depuis le lancement de « Paris à vélo » le nombre de cyclistes augmentent, un nombre accentué grâce à la mise en place de nouveaux dispositifs comme Veli’b apparu en 2010 ou plus récemment, l’installation de la société de trottinettes électriques Lime. Ces moyens de circulation novateurs visent à rendre les trajets intra- muros plus attractifs : un moyen pour nos travailleurs et étudiants exaspérés de redécouvrir leur quotidien et leur ville autrement.

Homoliberté : on parle de féminisme et culture queer

Une interview de Sara Andrade | Depuis qu’il était un petit garçon, il voulait être une petite fille. Il se définit aujourd’hui comme non binaire.  Nous l’avons rencontré au Point Éphémère durant le festival « Sang Rancune » le 10 novembre. Nous sommes ensuite allés chez lui pour l’interviewer sur les questions de non binarité, de féminité et de culture queer, entre autres. Nous parlons de Romain, un étudiant homosexuel qui a une vision du monde qui nous paraissait intéressante à mettre en lumière pour développer une réflexion sur ces sujets. Avant même l’interview, nous avons su que nous allions dialoguer avec une personne sincère, sensible, qui a créé son propre univers dans lequel il s’accepte et se respecte pour ce qu’il est.

Nous remercions Romain d’avoir accepté de se livrer lors de cette interview.

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Des féministes reviennent sur le mouvement #Metoo

Laura Remoué | A l’occasion de la sortie du livre Cours petite fille !, de nombreuses féministes se sont réunies à la Librairie des femmes pour revenir sur le mouvement Me too. Lire la suite Des féministes reviennent sur le mouvement #Metoo

Cliché ou vérité ?

Une Franco-Allemande à Berlin – retour sur quelques clichés allemands

[par Sarah Bronsard]

La plupart des personnes tendent à penser aux clichés lorsqu‘ils sont confrontés à une culture qui leur est étrangère. Les Américains ne mangent que du fast-food, les Italiens sont bruyants, les Français arrogants. Les Grecs ont des difficultés à gérer leur argent – et les Allemands  ? Sont-ils vraiment sans humour, disciplinés et économes ? Retour sur un peuple et les préjugés à leur égard.

Les clichés sont rarement complètement infondés ; la plupart d’entre eux contiennent une part de vérité. La plupart reposent cependant sur un manque de connaissances concernant la culture en question. Cela fait deux mois que j’habite en Allemagne, plus précisément à Berlin. La ville a beau être très internationale et sans doute pas représentative du pays tout entier, mais j’ai tout de même pu observer quelques éléments intéressants : beaucoup de clichés allemands se vérifient, du moins en surface.

Les règles sont l’alpha et l’oméga. Oui, les Allemands sont disciplinés, respectent les règles et cette vérité se confirme un peu partout. Particulièrement au feu rouge. Personne ne viendrait à l’idée de traverser la route au rouge, aussi vide qu’elle puisse paraître. Si cela devait arriver, vous pouvez presque être certain qu’il ne s’agit pas d’un citoyen allemand de naissance, qui récoltera des hochements de têtes voire des commentaires pour cette infraction à la règle. A Paris, on verrait l’inverse : dans la capitale française, le chaos est à l’ordre du jour ; du moins en ce qui concerne la circulation. Que ce soit sur la route, au travail ou dans l’administration universitaire, la discipline, ce côté strict qui colle à la peau des Allemands, se vérifie au quotidien. À première vue.


Les « Ampelmännchen », « petits bonhommes du feu », typiques à Berlin
Source : https://www.thinglink.com/scene/643764705873100800


Dans certains domaines, on observe cependant l’inverse. L’école est un bon exemple : l’ambiance de travail dans les salles de classe y est bien plus décontractée qu’en France. Le système scolaire allemand favorise la prise de parole, le débat entre les élèves, les méthodes d’apprentissage divergent beaucoup des françaises. L’autonomie, le travail à la maison sont encouragés pour rendre le dialogue et le débat possibles en cours. L’apprentissage de leçons « par cœur », comme nous le connaissons en France, est un concept majoritairement inconnu outre-Rhin. Il convient donc de nuancer l’idée que ce pays soit complètement obsédé de règles : les Allemands aiment et savent faire la fête. Leur quotidien est bien plus structuré par les fêtes qu’en France. Le carnaval est une période festive particulièrement appréciée. Pendant une semaine, d’immenses défilés sont organisés, des villes entières comme Düsseldorf, Mayence et surtout Cologne sont transformés en lieux de fête. D’autres fêtes religieuses comme Pâques ou Noël sont très importantes : la première s’étire sur deux jours, synonyme de quatre jours de vacances. A Noël, le 26 décembre est également un jour férié et la tradition festive joue un rôle très important. En attestent les nombreux marchés de Noël : la capitale comptait 60 marchés de Noël à elle seule, cette année. S’y ajoutent la célèbre fête de la Bière à Munich, deuxième plus grande fête populaire mondiale, l’amour du football ou encore les nombreuses fêtes organisées dans les résidences étudiantes.


Les nombreux marchés de Noël à Berlin
invitent à profiter de la magie de Noël en famille ou entre amis
Source: https://www.bz-berlin.de/berlin/test-check-top-liste-berlin-ist-die-hauptstadt-der-weihnachtsmaerkte


Les Allemands sont la ponctualité incarnée. Chers Français, oubliez le fameux « quart d’heure de politesse », de coutume en France. Ce cliché se confirme aisément lors d’un voyage à travers Berlin. Il arrive assez rarement que des bus ou des métros berlinois se retardent, il faut plutôt s’attendre à l’inverse. Oui, parfois, les bus ont de l’avance. Cependant, nombreuses sont les fois où l’on reste aigri devant la porte fermée d’un bus, le chauffeur s’obstinant à continuer son trajet. C’est une dure réalité du quotidien : si les portes sont fermées, elles le restent pour de bon. Le chauffeur pourrait être retardé de quelques secondes au prochain arrêt…  Cette obligation de ponctualité désespère les uns, mais elle contribue aussi à un quotidien stable et réglementé et ainsi au fonctionnement d’une société tout entière.

Un « Novo Futuro » environnemental pour le Brésil ?

Emma Flacard | Le 28 octobre dernier, le Brésil a affiché son nouveau président : Jair Bolsonaro. A l’heure où les yeux du monde entier – et monde occidental surtout – sont figés sur cette puissance de l’Amérique du Sud, point sur l’enjeu environnemental dans ce pays qui abrite 4,5 millions de km2 de forêt.

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