Archives du mot-clé mémoire

Histoire(s) et enquête

Emma Flacard | A l’Ecole Normale Supérieure (ENS), la Semaine de l’Histoire avait lieu du 4 au 6 avril 2019, proposant un cycle de conférences et des projections de documentaires autour d’un thème commun : l’enquête. J’ai assisté à la projection du documentaire de Ruth Zylberman, Les Enfants du 209 rue Saint-Maur, Paris Xe le vendredi 5 avril à 19h30. La réalisatrice, ainsi qu’Elsa Génard, doctorante en histoire à Paris 1 et Claire Zalc, historienne et chercheuse à l’ENS et au CNRSS, étaient présentes et ont initié une discussion à l’issue de la projection.

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Rencontre internationale de jeunes à l‘occasion de la commémoration des victimes de la Seconde Guerre Mondiale (suite)

Reportage réalisé parSarah Bronsard (2ème partie)

Crédits photos : Deutscher Bundestag/Stella von Saldern

Jour 2 : mardi 29 janvier

Qu’entendez-vous par courage civique ? Telle est la question que nous pose notre chef d’équipe une fois arrivés au musée de la résistance allemande. Nous commençons par faire le tour de la thématique. Qui faisait preuve de courage civique envers les persécutés du régime nazi ? Quelles étaient leurs motivations ? A quel niveau cette résistance se manifestait-elle ? Quels étaient les risques ?

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Rencontre internationale de jeunes à l’occasion de la commémoration des victimes de la Seconde Guerre Mondiale

Reportage réalisé par Sarah Bronsard (1ère partie)

Crédits photos : Deutscher Bundestag/Stella von Saldern

Berlin/Parlement allemand – Depuis 20 ans, le Parlement allemand organise des rencontres internationales de jeunes dans le cadre de la commémoration officielle des victimes de la Seconde Guerre Mondiale. Cette année, 78 jeunes majoritairement allemands, mais aussi originaires de France, de Pologne, de Russie, d’Ukraine, d’Israël et d’Azerbaïdjan sont venus à Berlin pour dégager un message positif : lutter contre l’oubli de la Shoah, s’engager pour sa commémoration et ainsi permettre la transmission de ce passé aux futures générations.


« Premier contact entre jeunes »
Photo – Deutscher Bundestag/Stella von Saldern

Du 28 au 31 janvier, nous avons été confrontés à la thématique des « enfants cachés », autour de laquelle nous avons travaillé et échangé nos différents points de vue. C’est en parcourant des expositions, en visitant des lieux berlinois ayant servi de refuge à des enfants juifs ou encore en parlant avec des survivants de la Shoah, que nous avons pu aborder ce thème du traitement du passé d’une manière tout à fait singulière. Le point culminant de la rencontre ? La commémoration officielle dans la salle plénière du Parlement allemand jeudi 31 janvier. A cette occasion, Saul Friedländer, historien israélien de renommée et spécialiste du nazisme et de la Shoah, fut l’invité d’honneur.

Revenons sur ces quatre jours remplis d’émotions…

Informations complémentaires (en allemand) :  Vidéo informations allemandes (Tagesthemen) ;
vidéo explicative



« Faire connaissance »
Photo – Deutscher Bundestag/Stella von Saldern

Jour 1 : lundi 28 janvier

Nous somme arrivés à Berlin au cours de l’après-midi. Pour une majorité d’entre nous, le voyage était long : venus de pays d’Europe de l’Est, de Russie, d’Israël et de France, tous les participants sont prêts pour le programme chargé qui nous attend à Berlin. Pendant quatre jours, nous allons nous pencher sur la thématique des victimes du nazisme et plus précisément autour de celle des « enfants cachés ». C’est ainsi que des personnes courageuses ont réussi à sauver la vie d’enfants juifs, mettant en péril leur propre existence. Ces actes de résistance ainsi que des exemples d’enfants cachés serviront donc de fil rouge, qui nous guidera dans nos réflexions.

Tout d’abord, il fallait faire connaissance. Dans le brouhaha des langues qui m’entoure, je distingue quelques bribes de français. Nice, Lille, Strasbourg – venus des quatre coins de France, la plupart des participants s’engagent dans des sites de commémoration comme Dimitri (26 ans), guide touristique au mémorial d’Oradour sur Glane. Les organisateurs nous souhaitent la bienvenue, nous nous mettons en route pour la Parlement, pour visiter les lieux et la Coupole. En somme, nous nous attendons à un programme intense, riche en émotions, rencontres et découvertes ! La visite exclusive du Parlement, ce lieu chargé d’Histoire, crucial dans la montée au pouvoir des nazis, constitue la première étape dans l’approche du sujet.

Nous arpentons les couloirs aux plafonds gigantesques, passons devant le bureau de la Chancelière, avant de descendre dans la « cave » du bâtiment principal. L’entrée colossale d’un des bâtiments de fonction est impressionnante : des ascenseurs transparents desservent à toute vitesse les bureaux des députés. Devant cette coulisse spectaculaire, nous voilà maintenant prêts pour la suite du parcours!


La Havane

Albien Gakegni ∣ Je suis l’être d’ici, citoyen de ton territoire
Métisse par mon identité d’étranger
Exilé par désir d’être ici où dans les rues la joie se distribue
Le silence des jeunes jours ressemble à une paix qui dure
A une amertume qui se retire et libère l’âme.
Tes jeunes filles sont d’une bienveillance à chanter
Tes vieillards sont sages et tes ancêtres béatifiés
Pour garder intacte la mémoire de ton histoire.
Ton hymne ressemble au bonheur qui croît sans cesse. Lire la suite La Havane

La contrainte, bienfaitrice de l’écriture littéraire

Albien Gakegni ∣ Clôture ce samedi 10 mars, de la semaine de la Carte Blanche avec un atelier d’écriture dirigé par l’auteure du collectif Projectile, Agathe Peyrard. Lire la suite La contrainte, bienfaitrice de l’écriture littéraire

Musique afro et exil

Albien Gakegni ∣ Que signifiait être exilé autrefois, lorsque Tacite et compagnie connurent des années de troubles auxquelles ils n’avaient jamais pensé ? Que nous apprend la notion d’exil de nos jours ? L’immigration positive, c’est-à-dire volontaire, peut-elle être considérée comme une forme d’exil ? Lire la suite Musique afro et exil

« Les Derniers témoins face à la caméra » de Sophie Nahum

Tess Noonan | À l’occasion de la journée mondiale dédiée à la mémoire de l’Holocauste (27 janvier), le Mémorial de la Shoah à Paris projetait ce dimanche 28 janvier quatre courts métrages de Sophie Nahum sur quatre anciens déportés, avec la présence de ces derniers dans la salle. Cette projection était proposée en partenariat avec CinéFac et était animée par Gabrielle Napoli, critique littéraire pour le journal en ligne En attendant Nadeau.

Armand. Lucette. Victor. Henri.

Ces quatre entretiens font partie du projet Les Derniers témoins face à la caméra, une série de courts documentaires sur d’anciens déportés de la Shoah, créée par Sophie Nahum. La série compte quinze épisodes à l’heure actuelle. Le titre de cette série traduit un sentiment d’urgence ; à la genèse du projet se trouve la prise de conscience de Sophie Nahum que ses jeunes enfants n’auront pas l’occasion de rencontrer d’anciens déportés et d’entendre de vive voix leurs témoignages. De cette prise de conscience est né le projet Les Derniers. La particularité des entretiens se trouve dans leur format court (les épisodes durent entre sept et dix minutes) et dans leur accessibilité en ligne. Sophie Nahum affirme que ce format et ce mode de diffusion ont été pensés pour s’adapter aux nouvelles générations et au rapport qu’elles entretiennent à la technologie.

Ce format court a néanmoins ses limites. Je regrettais souvent que les entretiens ne durent pas plus longtemps, car les témoignages sont très forts. On aimerait avoir plus de temps pour les écouter, observer les photos qui sont montrées. On a souvent l’impression d’assister à une version condensée de l’échange, ce qui est assez frustrant ; d’autant plus que Sophie Nahum dit passer plusieurs heures avec ces personnes pour chaque témoignage. Après avoir visionné son épisode, Lucette, une des témoins présentes, s’est même exclamée « c’est trop abrégé ! ». Sophie Nahum a signalé qu’elle avait cependant pour projet de développer un format long.

L’intervention des témoins après la projection de leur épisode arrivait donc à point nommé. C’était à chaque fois très fort de les voir « pour de vrai » et de prolonger l’entretien avec eux. Ils manifestaient l’envie et le besoin de parler, investis d’un véritable devoir de mémoire et de transmission. Ainsi, quand on demande à Lucette pourquoi a-t-elle choisi de témoigner, elle répond « parce qu’on m’a dit de le faire », en faisant référence aux déportés du camp qui n’ont pas eu la chance d’en revenir. Beaucoup des témoins interviewés par Sophie Nahum interviennent dans des collèges et lycées, comme Victor Pérahia.

Tous partagent aussi le traumatisme de quelque chose d’inconcevable qui a rendu la communication avec leurs proches très difficile. Beaucoup évoquent leur incapacité à parler de l’Holocauste avec leur famille, pendant des années. En effet, le silence a été omniprésent pendant les projections, symbole d’un passé trop lourd à porter. La présence des enfants et petits-enfants de déportés dans la salle témoignait donc de cet héritage, que même les mots ont du mal à saisir. L’émotion était palpable. « Le silence c’était aussi un moyen de s’en sortir », rappelle Elie Buzyn, rescapé d’Auschwitz. À présent, parler est devenu vital.

Pour visionner Les Derniers témoins face à la caméra :
https://www.facebook.com/LesDerniers.org/
Pour soutenir le projet de Sophie Nahum :
https://www.leetchi.com/c/projets-de-hello-prod

L’agenda culturel du Mémorial de la Shoah est riche en rencontres, projections et commémorations. Les prochains témoignages auront lieu ce dimanche 11 février, et mettront en lumière le rôle de la Suisse comme terre d’asile pendant la déportation de millions de Juifs vers les camps. Cinq  personnes, réfugiées en Suisse pendant la guerre, seront présentes pour parler de leur expérience.