Archives du mot-clé mise en scène

Harold et Maude : « vivre simplement les choses simples »

Galaad Saussey- -Even | Dans l’atmosphère chaude et chaleureuse du théâtre de l’Épée de Bois, où la beauté de l’intérieur éblouit, sans aveugler, et vous donne envie de ne jamais repartir, j’ai reçu une pluie d’étoiles dans les yeux. Aussi beau à voir que, parfois, douloureux à recevoir, la mise en scène d’Harold et Maude par Jean-Denis Monory est un véritable chef-d’œuvre, une leçon de vie, de philosophie et de simplicité. Lire la suite Harold et Maude : « vivre simplement les choses simples »

La Cerisaie, un vaudeville comique mais émouvant

Emma Caputo | Du 5 au 24 mars 2018, Christian Benedetti achève la tournée de la Cerisaie au Théâtre-Studio d’Alfortville. Lioubov s’est absentée de Russie pendant cinq ans suite aux décès successifs de son époux et de son fils. Délaissée par son amant, elle revient à la Cerisaie en compagnie de sa fille Ania. Dépensière incorrigible et criblée de dettes, elle tente de trouver une solution pour éviter de placer le domaine familial aux enchères. Lire la suite La Cerisaie, un vaudeville comique mais émouvant

Et le grand méchant capitalisme les dévora tous vivants

Annie Welter | Jusqu’au 4 mars au Théâtre de Belleville, venez spéculer sur la valeur des choses, du théâtre, des gens, de la vie. ≈ [presque égal à], écrit par Jonas Hassen Khemiri et mis en scène par Emmanuelle Jacquemard (Cie 411 pierres), explore le quotidien de cinq personnages qui se dépatouillent avec leurs problèmes, leur argent et leurs questions existentielles : une pièce incisive où tout est remis en question. Surtout l’argent. Lire la suite Et le grand méchant capitalisme les dévora tous vivants

« Les Trois soeurs », Tchekhov au XXIème siècle

Emma Caputo ∣ Du 10 novembre au 22 décembre 2017, le théâtre de l’Odéon nous présentait une adaptation inédite de l’œuvre de Tchekhov. Olga, Macha et Irina composent le célèbre trio de jeunes femmes partagées entre le souvenir d’un passé idéalisé et leurs espoirs en un avenir meilleur où elles accompliraient leur rêve : retourner à Moscou. Mais à mesure que les années s’écoulent, leurs idéaux s’éloignent irrémédiablement, les abandonnant à un destin auquel elles ne peuvent se soustraire. Lire la suite « Les Trois soeurs », Tchekhov au XXIème siècle

« Je ne suis pas une arme de guerre » : une mise en scène émouvante mais perfectible

Annie Welter | Dans Je ne suis pas une arme de guerre, Anila Dervishi incarne la parole de Sevdije Ahmeti, une militante féministe Albanaise. Auteure de Journal d’une femme du Kosovo, février 1998 – mars 1999, elle y dénonce les pratiques de viols et d’épurations ethniques perpétrées par les Serbes envers les populations Kosovares pendant la Guerre du Kosovo ; Zenel Laci a mis en scène ces témoignages dans une pièce choc, présentée au Théâtre du Gymnase jusqu’au 26 février critique (avec spoilers). Lire la suite « Je ne suis pas une arme de guerre » : une mise en scène émouvante mais perfectible

Sallinger : drame familial au Théâtre Les Déchargeurs

Annie Welter | New-York. Fin des années 1950. Le surdoué de la famille, « Le Rouquin », se suicide sans explications. S’en suit une descente aux enfers pour sa famille, qui se débattent avec leur tristesse et n’en finissent pas de s’enfoncer mutuellement. Léa Sananes et le Collectif Rocking-Chair mettent en scène une sombre histoire signée Bernard-Marie Koltès et présentée aux Théâtre Les Déchargeurs jusqu’au 18 décembre : SallingerLire la suite Sallinger : drame familial au Théâtre Les Déchargeurs

Elsa : faire entrer la poésie sur scène

Annie Welter | Jusqu’au dimanche 10 décembre, la poésie de Louis Aragon s’empare du Studio-Théâtre d’Asnières. Avec Elsa, le Collectif La Capsule clôt la sixième édition du festival de jeunes compagnies, Mises en Demeure.

Après moult péripéties dans la fameuse ligne 13 du métro, nous poussons enfin les portes du Studio-Théâtre d’Asnières-sur-Seine. C’est un lieu chaleureux et lumineux qui nous accueille, avec son bar et ses canapés moelleux. Un groupe de scolaires s’impatiente d’entrer dans la salle pour la première d’Elsa.

« Tandis que je parlais le langage des vers
Elle s’est doucement tendrement endormie
Comme une maison d’ombre au creux de notre vie
Une lampe baissée au cœur des myrtes verts »
Louis Aragon, Elsa, 1942

Louis Aragon rencontre Elsa Triolet à la fin des années 1920 et l’épouse en 1939. Leur amour est une grande source d’inspiration pour le poète surréaliste, qui ne cessera d’écrire sur sa femme qu’à sa mort. Paul Meynieux et le Collectif La Capsule se sont emparés de La Chambre d’Elsa, recueil de poèmes écrit en 1959, et l’ont transformé en un projet contemporain théâtral, sensible et musical. La question de la fidélité au texte est très présente dans la mise en scène, mais l’interprétation des vers et leur actualité reste centrale. Sur scène, ils sont cinq hommes et une femme pour transmettre leur vision du texte poétique, leur vision de cette relation amoureuse passionnée.

Sur le mur du fond, des portraits dessinés, des vers écrits au feutre. Par terre, des livres. Un piano et une guitare viendront compléter ce décor visuel et sonore. Entre lecture de textes et restitution de notes d’intention sur scène, la chambre d’Elsa prend vie sous nos yeux, progressivement. On parvient à projeter notre image d’Elsa, de Louis, et de leur relation dans ce décor intimiste. L’équilibre entre imagination du spectateur et décor de scène est parfait. Les lumières tamisent subtilement l’atmosphère, soulignent la jalousie, l’inquiétude, la sérénité, la passion. Le noir complet est judicieusement utilisé et permet de s’immiscer dans l’intimité du couple. Tous les volets de la relation du poète avec sa femme sont dépeints, presque décortiqués, mais toujours poétiquement. Les comédiens incarnent Louis successivement, puis reprennent leur propre rôle de comédien confronté au texte et aux enjeux de mise en scène. Ils restituent les pensées de Louis face à Elsa, d’Elsa face à Louis, d’Elle et de Lui. L’aller-retour permanent entre le poème et les explications scéniques donne du rythme au spectacle, libère la parole et allège les vers du poète.

Porter la poésie sur scène est un véritable défi, que le collectif relève avec brio. C’est justement ce genre de projet que le festival Mises en Demeure soutient, avec pour ambition d’encourager les jeunes compagnies à innover, et en les accompagnant vers la professionnalisation. Une noble cause, une pièce réussie, un lieu accueillant : tout est là !

Elsa joue du 7 au 10 décembre au Studio-Théâtre d’Asnières-sur-Seine.
Plus d’info et réservations : http://www.studio-asnieres.com/elsa 

Criminel : un thriller divertissant mais perfectible

Emma Caputo | Avec Criminel de Yann Reuzeau, inspiré de faits divers qui ont récemment ébranlé l’opinion publique, La Manufacture des Abbesses invite à suivre des personnages dans leur confrontation avec un passé que certains auraient préféré oublier.  Lire la suite Criminel : un thriller divertissant mais perfectible